CHATIMENT D'ATHÈNES ET DE THÈBES
biens confisqués (1) ; Aristion lui-même fut réservé pour le triomphe. Sylla rendit aux Athéniens leurs lois et leur territoire, même Délos; mais il décida que pendant la durée de cette génération rebelle il n'y aurait ni assemblées ni magistrats élus (2). Les revenus du territoire d'Orope furent attribués au temple d'Amphiaraos, qui avait probablement contribué aux frais de la campagne. D'ailleurs l'affreuse saignée du mars 86 marqua la fin de la vieille Athènes : la ville fut repeuplée par une cohue d'immigrants venus de tous les coins de la Grèce, qui se parèrent du nom d'Athéniens , sans avoir rien des qualités morales qu'évoquait ce nom glorieux. Du moins le bien-être matériel d'Athènes se releva peu à peu, grâce aux libéralités des rois étrangers et des Romains philhellènes; mais Thèbes, que ne protégeait aucune auréole, tomba d'une chute irrémédiable : la ville perdit la moitié de son territoire, qui servit à indemniser les dieux de Delphes, d'Olympie et d'Épidaure; elle déclina rapidement jusqu'à descendre au rang d'un village. D'autres villes béotiennes furent également maltraitées : le temple d'Alalcomènes fut mis au pillage, Orchomène dut céder à la fidèle Thespies le célèbre Dionysos de Myron (3).
Nous avons perdu de vue depuis plus d'une année les affaires d'Asie Mineure; il est temps d'y reporter notre attention et de dire quel fut en ce pays le contre-coup des événements accomplis en Grèce.
La première année du gouvernement" de Mithridate avait été un
(1) Licinianus, p. 38, Bonn : Sulla Athenas reversiis in jmncij^es mlitionia et noxios animadvertit violentias , necntis religuis.
(2) Liv. 81 ; Strabon IX, 1, 20. Pour la restitution de Délos, cp. Bidl. corr. hell. III, 147. A cette époque appartiennent les tétradrachmes athéniens sans légende, avec deux trophées comme sur les deniers de Sylla (Sallet, Zeit. f. Num. XII, 381). Un peu plus tard on trouve la légende A0E G AEMOS (Kœhler, ih. XII, 102 et XIII, pi. III, 4). C'est une erreur absolue de croire qu'Athènes ait été dépouillée par Sylla du droit de frapper monnaie en argent.
(3) Tlièbes : Pausanias IX, 7, 4 ; Alalcomènes : ib. IX, 33, 6 (cf. Élien, fr. 33, Hercher); Orchomène : ib. IX, 30, 1. Les domaines attribués par Sylla aux dieux dépouillés furent distraits de la ferme des publicains. Une controverse s'éle\'a au sujet des terres attribuées au temple d'Amphiaraos, à Orope, les publicains prétendant qu'Amphiaraos n'était pas un dieu, mais un simple héros. Un sénatus-consulte de l'an 73 trancha la discussion en faveur du temple ('Eç.'Apx- 1884, p. 93; Mommsex, Hermès, XX, 268 et BllUXS, Fontes ju ris rom. tS" éd., p. 162 ; ViERECK, Sermo graecus S. P. Q. R. n° 18). On voit d'après cela que le temple d'Amphiaraos avait dû contribuer aux frais de la guerre, quoique Sylla parle simplement de l'accomplissement d'un vœu (1. 43).
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