‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 149 sur 417 · SOULÈVEMENT D'ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENT D'ÉPHÈSE

Après cette exécution impitoyable, qui fait songer aux derniers procédés de Rome envers Carthage, Zénobios, poursuivant sa tournée, débarqua à Éphèse. Dans cette grande ville de commerce il existait également un parti romain très actif; la municipalité, secrètement gagnée à cette faction, pria Zénobios de laisser ses régiments dans le faubourg, pour ne pas exciter les esprits, et de n'entrer en ville qu'avec sa seule escorte. Le général pontique accéda à ce désir; il descendit à Fhôtel du gouverneur militaire, Philopémen, beau-père du roi, puis, sans faire connaître ses instructions, il convoqua la bourgeoisie pour le lendemain. Cette convocation énigmatique jette l'alarme dans la ville; pendant la nuit, les chefs du parti romain se réunissent, se concertent et répandent le bruit que Mithridate prépare à Éplièse le sort de Chios. Le peuple s'inquiète, s'ameute; le lendemain matin, quelques meneurs viennent arracher Zénobios de son lit, le traînent à la prison de ville et l'égorgent. Le sang versé déchaîne la révolution : les Éphésiens, sentant qu'ils ont brûlé leurs vaisseaux , se lèvent contre Mithridate avec autant d'élan que naguère contre Rome. On rentre de la campagne tout ce qui est transportable, on organise en toute hâte une garde nationale qui occupe les remparts. Un décret, encore existant, promulgue les mesures les plus libérales afin de réunir tous les citoyens, anciens ou nouveaux, dans une même pensée de concorde et de résistance contre l'ennemi commun. On promet le droit de cité aux métèques, aux étrangers, aux serviteurs des temples, aux affranchis qui s'inscriront sur les rôles de la milice ; quant aux esclaves publics, ils obtiendront la liberté et les droits de métèques. Toutes les affaires sont suspendues pour faire place au seul souci de la défense nationale : on ajourne les procès intentés au nom des temples ou de l'État, sauf ceux en partage et en bornage; l'État fait remise à tous ses dé-

fr. 39 (Nicolas de Damas, fr. 79). Memnon, c. 33, attribue à Dorylaos le rôle prêté par Appien à Zénobios; en outre, il lui fait prendre la ville de force, Tiollio îtovw. Les malheurs de Chios sont également mentionnés par l'inscription chez Dittenbeiuier, Sylloge, vfi 276. Quant à la date, Appien place l'affaire de Chios après Chéronée, mais à tort, puisque la révolte d'Éphèse, postérieure à l'exécution des Chiotes, est encore de l'hiver 87-86. D'ailleurs l'ouvrage de Posidonius s'arrêtait, d'après Suidas, à la «guerre de Cyrène », c'est-à-dire à la guerre civile qui fut apaisée par Lucullus pendant ce même hiver (Plut,, Luc. 2) ; et effectivement le dernier événement daté qu'on trouve mentionné dans les fragments est la mort de Marins, 13 ou 17 janvier 86 (fr. 40 Miiller). Or Posidonius racontait encore l'é. pisode des Chiotes ; cet épisode est donc de l'an 87.

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