DESTRUCTION DE L'ARMÉE ASIATIQUE
souricière! Dès Taurore, les Romains, pour achever Finvestissement du camp ennemi, se mettent à l'entourer d'un véritable fossé de circonvallation. Les Asiatiques cherchent à s'opposer à ce travail, ils sont repoussés; bientôt le blocus est complet; Sylla donne le signal de l'assaut. Cette fois encore, les Royaux, rangés sur la crête de leurs retranchements, se défendent avec le courage du désespoir, mais enfin une cohorte, formant la tortue, réussit à arracher un bastion d'angle, le tribun Basillus s'élance dans la brèche et toute l'armée romaine y pénètre après lui. Alors, comme à Chéronée, la boucherie succède à la bataille; tous ceux des Asiatiques qui ne sont pas pris ou tués dans le camp, se jettent à l'eau et tentent de s'échapper à la nage; mais les gens de trait, rangés au bord du lac, les accablent de loin sous les flèches et les javelines. Le Copaïs se couvrit de cadavres qui llottaient à la surface; les marais et les routes disparurent sous l'accumulation du sang et des débris. Près de deux siècles après la bataille, les paysans , en fouillant le bourbier, ramassaient encore des arcs , des épées, des tronçons de casques et de cuirasses... De 80,000 hommes que comptait au début l'armée de Dorylaos , plus de 50,000 périrent dans ces deux journées; 25,000 prisonniers furent vendus à l'encan (1). Les deux généraux en chef se sauvèrent, non sans d'extrêmes périls : Archélaos resta caché pendant deux jours, demi-nu, dans les roseaux du Copaïs, avant de trouver une barque qui put l'amener à Chalcis (automne 86) (2).
(1) Orose compte 20,000 noyés, 20,000 tués de loin, reliqui miserorum passhn trucidati sunt. Licinianus : milites nostri castra capiunt, liostium multitudinem innumerahilevi concidunt, amplius XXV milia cajnunt rjuae j)ostea snh corona i-enierunt. Archelaus parvido navigio Chalcidem deportatar (de même Eutrope, Appien, Plut., Sidl. 23; mais, tandis qu'Eutrope le fait cacher dans les marais pendant trois jours, Plutarque n'en compte que deux.)
(2) La date de la bataille d'Orchomène résulte avec évidence du récit de Plutarque, particulièrement de l'épisode de Mélitée, qui prouve que la campagne entière se place sous le consulat de L. Flaccus. L'opinion contraire, qui admet la date de 85 (MoMMSEN, II, 299, note), ne repose sur aucune raison solide.