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PAIX DE DARDANOS

La bataille d'Orchomène confirma, cette fois sans appel, la sentence de Chéronée. C'en était fait de la puissance de Mithridate en Grèce : Archélaos l'avoua implicitement en rappelant à Chalcis toutes les garnisons encore éparses sur différents points du territoire (2). La perte de la Macédoine n'était plus, elle aussi, qu'une question de temps : les faibles détachements qui s'y trouvaient, peut-être sous les ordres de Taxile, n'étaient pas en mesure de résister à l'attaque des deux légions valériennes, soutenues par la complicité des habitants. Restait l'Asie Mineure; mais ici même la partie était déjà fort compromise. La nouvelle du désastre d'Orchomène ranima le courage des villes grecques insurgées; en Galatie, les trois tétrarques échappés au massacre de l'année précédente soulevèrent les populations rurales et chassèrent le satrape pontique, Eumachos, avec ses garnisons (3). Jusqu'aux anciennes provinces menaçaient défection. Lorsque Mithridate rappela auprès de lui, pour l'aider à défendre l'Asie pergaménienne, son fils, le prince royal Mithridate, nommé en 88 vice-roi des provinces de l'Euxin, les populations, que ce jeune prince avait su déjà s'attacher, ne tardèrent pas à s'agiter; le Bosphore s'insurgea même ouvertement, et un gouverneur rebelle, Hygiénon, frappa monnaie à Panticapée en son propre nom, sous le titre d'archonte (4).

(1) Sources principales : Appien, Mith. 51-03 ; Plutarque, Sylla, 22-26 ; Liicullus, c. 2-3 ; Memnon, c. 34:-o5 ; Licinianus, p. 33-85, Bonn ; les fragments de Diodore et de Dion Cassius. Ces événements étaient racontés dans les livres 82 et 83 de Tite-Live. Les opérations des légions valériennes, sur lesquelles Sjdla, dans ses Mcviolres, avait sans doute fait le silence à dessein, sont très mal connues. De même, pour les négociations qui précédèrent le traité de Dardanos, nous ne possédons guère que la version suspecte de Sylla.

(2) Appien, 3Hth. 50. É

(3) Appien, 3fith. 4G. ^

(4) Appien , Mith. 64. Hygiénon n'est connu que par des marques de briques recueillies au Bosphore et par une monnaie unique du Cabinet de France, dont voici la description : Tête nue sans diadème, les cheveux balayés par le vent ; Eev. APXONTOI ITf AINONTOX. Ca-

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