COMBAT DE TÉNÉDOS
Pendant que Fimbria dévastait la Troade, Lucullus livrait en vue des côtes quelques escarmouches navales. De Pitané il remonta vers le nord, détruisit au cap Lecton plusieurs bâtiments pontiques, et se heurta, dans les eaux de Ténédos, à Tescadre principale de Néoptolème. L'amiral du roi dirigea son vaisseau contre la quinquérèrne de Damagoras, battant pavillon de Lucullus; mais le Rhodien vira prestement de bord pour éviter le choc de l'éperon, et les vaisseaux alliés, survenant en force, obligèrent les Pontiques à la retraite. Ce fut le dernier engagement de la guerre (1); immédiatement après, la nouvelle de l'acceptation des préliminaires amena la suspension générale des hostilités.
En apprenant Taccord intervenu entre Sylla et Mithridate , Lucullus entra dans l'Hellespont et prit le contact avec son général en chef; P'imbria, au contraire, jugea prudent de s'éloigner de la côte; il mit la Phrygie hellespontienne au pillage, puis se retira derrière la ligne du Caïque. Pendant ce temps l'avant-garde de Sylla effectuait le passage du détroit entre Sestos et. Abydos, et Mithridate, de son côté, venait mouiller à proximité avec toute sa flotte. L'entrevue projetée eut lieu près de Dardanos, vieille ville ruinée, à mi-chemin d'Abydos et d'Ilion (2). Sylla s'y rendit avec une simple escorte — quatre cohortes et 200 chevaux, — Mithridate avec tout ce qui lui restait de forces en Asie : 200 vaisseaux, 20,000 hommes de pied, 6,000 cavaliers, et quelques chars armés de faux. Ce déploiement de force prétendait sans doute peser sur Sylla et arracher quelque concession au dernier moment; mais Sylla ne voulait et ne pouvait rien rabattre : il avait déjà atteint l'extrême limite que lui imposaient l'honneur de Rome et son propre intérêt.
sent aucune doute du contraire. Sur l'épisode du Palladium , qu' Appien rapporte en souriant, cf. Liv. fr. 17 Weissenborn (— Augustin, Ch\ Bel, III, 7); Obsequens, c. 56. Le De viris, c. 70, fait préserver le temple tout entier. Appien donne comme date la fin de la 173e Olympiade ()>y)YOuari; àpTt T^; xptTY]; egôojJLiQy.ocrT^; xal éxaaToaTTj; 'OXufXTrtàôoç), c'est-à-dire, d'après sa manière de compter, janvier 84 : cette indication ne s'accorde ni avec la Chronique ni avec le propre témoignage d' Appien, Civ. I, 70, sur la durée delà guerre. Appien ajoute que, d'après quelques-uns, cet événement eut lieu 1050 ans après la prise de Troie par Agamemnon. Ici Ton a soupçonné une altération de texte : 1050 pour 1100 ; en effet, la prise d'Ilion par les Grecs était placée ordinairement en 1184: (Apollodore chez Diodore I, 6) ou en 1183 (Eratosthène chez Clément d'Alexandrie, Stromat. I, 21, p. 402).
(1) Plut., Luc. 3.
(2) Strabon XIII, 1, 28.