‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 168 sur 417 · PACIFICATION DE L'ASIE ROMAINE · texte numérisé non relu

PACIFICATION DE L'ASIE ROMAINE

dans le temple cl'Esculape. La blessure n'était pas mortelle , mais son esclave Facheva, puis se transperça lui-même; Sylla permit aux atfranchis de Fimbria de Tensevelir. La mort du chef fut le signal de la dissolution de Farmée. Quelques officiers fimbriens , trop compromis, comme « les deux Lucius », — L. Magius et L. Fannius, — s'enfuirent chez Mithridate; tout le reste des deux légions passa sous les drapeaux de Sylla (automne 85) (1).

Délivré du cauchemar de Fimbria, Sylla détacha Curion avec un corps d'armée pour rétablir Nicomède en Bithynie et Ariobarzane en Cappadoce. Lui-même s'occupa de réduire les quelques villes de la terre ferme qui persévéraient dans leur révolte. Leur résistance fut d'autant plus acharnée qu'un décret de Sylla avait annulé en bloc les affranchissements et les abolitions de dettes récemment édictés par Mithridate; plusieurs places durent être assiégées en règle et prises d'assaut. Partout le vainqueur sévit avec une férocité implacable, démantelant et pillant les villes. Amendant les habitants à l'encan. La province ainsi « pacifiée », Sylla ramena vers le littoral ses troupes harassées. Quand on atteignit Smyrne, l'hiver, et un hiver rigoureux était venu; les troupes, en guenilles, manquaient de tout : les Smyrniotes, touchés de leur détresse, se dépouillèrent de leurs manteaux en pleine assemblée et les envoyèrent aux légionnaires grelottants (2). Arrivé à Éphèse, Sylla y tint, comme naguère dans Athènes, des assises sanglantes : les chefs de la rébellion , les principaux massacreurs de 88, les délateurs de 86 — tous ceux du moins qui ne s'étaient pas enfuis à temps dans le Pont — eurent la tête tranchée (3); dans toutes les autres villes, le parti « cappadocien » fut décimé : c'est ainsi que les Romains exécutaient l'article 6 du traité de paix , par lequel ils avaient promis amnistie pleine et entière aux partisans du roi ! Seule Mitylène , protégée par sa situation insulaire, et qui sentait peser sur elle le sang d'Aquilius, persévéra dans sa résistance et tint les Romains en

(1) Appien, Mith. 59-60, récit détaillé et qui paraît exact. Plut., Syll. 25, est très-soinmaire et paraît se tromper en plaçant le suicide de Fimbria dans son camp. Orose VI, 2, 11, et Liv. ep. 83, s'accordent entièrement avec Appien. — Le Rutilius, nommé par Appien sans autre indication, ne peut être que le célèbre exilé, car nous ne connaissons aucun légat de ce nom dans l'armée de Sylla et l'on sait d'ailleurs que Sylla offrit à Rutilius de le ramener en Italie (Quintilien XI, 1, 12).

(2) Tacite, yl;i». IV, 56.

(3) Licinianus, p. 35 : Ephesi, causis coffuitis , 2^^'^>'C'P^s belli securihus necat...

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