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LA SATRAPIE DE CAPPADOCE SOUS LES PERSES

de Tempire, payait un tribut annuel de 360 talents (1), sans compter les prestations en bétail, qui équivalaient à la moitié de celles de la Médie (2). Quant aux peuplades du Paryadrès, elles furent groupées dans une satrapie spéciale, la dix-neuvième d'Hérodote, qui payait un impôt de 300 talents (3).

Cet état de choses paraît avoir subsisté environ un siècle. Entre le temps d'Hérodote et celui de Xénophon, la satrapie cappadocienne, trop vaste et trop disparate, fut démembrée en trois gouvernements : Phrygie liellespontienne, Grande-Phrygie et Cappadoce propre (4); celle-ci comprit désormais, outre le bassin de riris, tout le pays jusqu'au Taurus, enlevé à la Cilicie. Les Lycaons et les Cataons, peuples pillards, demi-indépendants, relevaient également du satrape de Cappadoce (5). En revanche, les montagnards du Paryadrès et les Paphlagoniens s'étaient complètement émancipés (6); ces derniers avaient même franchi le Halys et poussé jusqu'au Thermodon (7) : au moment du passage des Dix Mille, la satrapie cappadocienne ne touchait donc plus à la mer. Toutefois, vers la fm du règne d'Artaxerxès Mnémon, l'autorité du grand Roi fut rétabhe dans ces régions par un satrape énergique et habile, Datiime. H soumit définitivement les Cataons (8), rejeta les Paphlagoniens derrière le Halys (9), et prépara ou acheva la réduction des villes grecques de la

(1) Hérodote III, 90.

(2) Strabon XI, 13, 8.

(3) Hérodote III, 94. Il est remarquable que les Chalybes ne sont mentionnés ni ici, ni dans le dénombrement de Farmée de Xerxès.

(4) Cette division est indiquée prématurément par Xénophon dès le temps de Cyrus I'^"' {Cyrop. VIII, G, 7).

(5) Ps. Xénophon (Sophénète?), Anah. VII, 8, 2.') : {oi.ç-/jm\) ,Vuxaovi'aç xal KaTCiraooxiaç Miôp'.ÔaTriç. Il était subordonné à Cyrus, lieutenant général du roi en Asie Mineure. Par le récit de Xénophon (Anah. I, 2, 19 suiv.) on voit que la Lycaonie était très imparfaitement soumise; on n'y comprenait pas encore Iconion, qui comptait en Phrygie; mais Tyana (Thoana) est bien en Cappadoce. La traversée de la Lycaonie dura cinq journées (30 parasanges), celle de la Cappadoce quatre journées (25 parasanges), au total environ 250 kilomètres. Pour la C ataonie, qui formait une hyparchie à part, subordonnée au satrape de Cappadoce, cf. Nepos, Dat. 4.

(6) Ps. Xénophon, Anab. VII, 8, 25 : Ka^^Soù/ot ôà %at Xà)uêsç y.cù (rj ?) Xa^ôaïoi xal Màxpcoveç xal K6X/ot xal Moadûvotxoi [xal KoÎTai] xal Tiêapr^vol aCiTovojJLot.

(7) Xénophon, Anab. V, 6, 3-10; VI, 1, 3; Helleji. IV, 1.

(8) C. Nepos, Bat. 4. La définition de la province de Datame et de son père Camisarès QKirtem Ciliciae juxta Cappadociam quam incolunt Leucosi/ri) est corrompue ; peut-être fautil lire Cappadociae juxta Ciliciam. Datame, satrape de Cappadoce : Diodore XV, 91.

(9) Nepos, Dat. 2-3.

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