DÉPART DE SYLLA
armée à nouveau et d'en combler les vides par Tenrôlement de troupes mercenaires. Dès qu'il jugea son œuvre achevée , vers la fin de l'été 84, il dit adieu à l'Asie, en lui laissant, pour garnison et pour lléau, les deux légions valériennes, sur lesquelles il ne pouvait compter pour l'œuvre de sang qui lui restait à accomplir. Le légat Muréna demeura comme gouverneur, Lucullus comme questeur. L'armée s'embarqua à Éplièse, traversa l'Archipel en trois jours, et descendit au Pirée. Sylla fit un séjour prolongé dans l'Attique et aux bains d'Edepse, en Eubée, où il alla soigner sa goutte. Il occupa la fm de l'année à lever des troupes en Macédoine et dans le Péloponnèse, et à remettre Athènes au pillage : ce fut alors qu'il s'empara de la célèbre bibliothèque d'Apellicon et de diverses œuvres d'art destinées aux temples de Rome. Au commencement de l'année 83 il reprit lentement, par la voie de Patras et de Dyrrachion, le chemin de l'Italie, à la tôte de 40,000 hommes et de 1,600 nav^ires, laissant tout le monde hellénique plein de ses statues, de ses trophées et de ses dévastations (1).
(1) Sur le séjour de Sylla en Grèce et ses rapines, v. Plutarque, Sylla, 26 ; Kepos, Attkus, c. 4; Strabon, X, 1, 9; Lucien, ZeuxU , .'5, etc.; — sur le chiffre de ses troupes, Appien, B. Civ. I, 79. La fête des SuUeia (C. L A. II, 1, n^ 481, 1. 58) parait avoir été instituée à cette époque.