ROYAUME DE PONT. LIMITES
qu'à la mer Caspienne, les denrées de Tlnde et de la Chine traversaient cette mer, puis s'engageaient dans la vallée du Cyrus à travers l'Albanie et l'Ibérie. De la dernière forteresse ibérienne, Idéessa, une route carrossable menait en quatre jours, à travers d'âpres défdés, à la première forteresse colque, Sarapané {Charopan) : dans ce court espace on n'avait pas jeté moins de 120 ponts sur les méandres des torrents et du Phase supérieur. A partir de Sarapané, le lleuve navigable portait les marchandises jusqu'au port de Phasis, où les navires de Sinope et d'Amisos venaient les charger pour les distribuer plus loin. La puissance maîtresse de l'embouchure du Phase tirait profit de ce transit et avait tout intérêt à le favoriser. Ainsi s'explique le traité que Mithridate conclut dès le début de son règne avec les Ibères : ce devait être avant tout un traité de commerce, destiné à assurer le passage des caravanes à travers cet isthme caucasien que Séleucus Nicator avait rêvé de percer (1).
Nous avons dû nous contenter de ces indications sommaires sur les provinces en quelque sorte extérieures de la monarchie pontique ; il faut nous étendre un peu davantage sur le royaume de Pont proprement dit. Ce royaume n'avait de frontières naturelles bien défmies qu'au nord et à l'est. Au nord, la mer Noire le bordait sur toute sa longueur depuis le Fn^rthénio^i (Bartan-tckai) jusqu'à l'Acampsis {Tchorouk) ; à l'est, l'Euphrate séparait la Petite Arménie, désormais pontique, de la province arménienne d'Acilisène. Vers le nord-est, les massifs du Paryadrès et du Scydisès, les peuplades insoumises du bassin de l'Acampsis formaient une barrière effective entre le royaume de Mithridate et celui de ïigrane; la frontière théorique n'est pas exactement connue. A l'ouest, la vallée fleurie du Parthénios traçait la limite entre le Pont et la Bithynie; puis la frontière, devenue purement conventionnelle, accompagnait quelque temps la chaîne côtière de Paphlagonie , descendait vers le sud en contournant la vallée de l' Amnias , rejoignait le Halys qu'elle remontait jusque vers son confluent avec le Cappadox {Dêlidjé-Irmak) et coupait transversalement la
(1) Strabon XI, 3, 4. Pour Idéessa, XI, 2, 18. Pour la route commerciale, XI, 7, o (d'après Aristobule et Ératosthone, qui eux-mêmes ont suivi Patrocle). Projet de Séleucus, Pline VI, 11, 31. Cp. Ritter, A sien , VI, 1, 089; Droysex, Histoire de l'hellénisme, III, 72, de la trad. fr.