ZONES AGRICOLES DU PONT
t>Tandc boucle de ce lleuve : telle était la ligne irrégulière qui séparait le Pont de la Paphlagonie indépendante et de la Galatie (pays des Trocmes). Enfin, la frontière méridionale ou cappadocienne, qui commençait à la forteresse de Dasmenda (dans la préfecture de Cliammanène) pour fmir à fextrémité de la préfecture de Laviansène, suivait, d'après Strabon, la crête d'une chaîne de montagnes parallèle au Taurus et située à 800 stades au nord de Mazaca : il faut entendre par là cette ligne de partage assez confuse qui sépare les affluents de Flris de ceux du Halys supérieur. D'ailleurs, en réalité, la frontière flottait, suivant les vicissitudes de la politique, au nord ou au sud de ce dernier fleuve; les districts du haut Halys (Camisène et Colupène) formaient un objet de litige continuel entre le Pont et la Cappadoce (1).
On pouvait distinguer dans le royaume de Pont trois zones climatériques et agricoles : la plaine, ou, plus exactement, la région fluviale, au centre; la zone littorale au nord; la montagne aux extrémités. Ces trois régions, chacune, dans son genre, productive et bien exploitée, se complétaient de la manière la plus heureuse : ici les céréales et les pâturages, là les vignobles, les oliviers et les arbres à fruits, plus haut la forêt, régulatrice du régime des eaux.
Les descriptions de Strabon ne permettent pas de douter que le ^ays, dans son ensemble, ne fût mieux cultivé, plus verdoyant et plus prospère que de nos jours. Dans maint endroit, les habitudes paresseuses du paysan turc, les déboisements inintelligents des bergers , ont tari les sources et transformé en marécages ou en yaïlasj où broutent de maigres moutons, les plantureux herbages, les emblavures dorées d'autrefois. La banlieue des grandes villes, Sinope, Amisos, Amasie, Comana, offrait, en particulier, l'aspect le plus florissant; même loin de ces grands centres, les mots de « plaine féconde » , « plaine à tout produire » , « campagne bien plantée » reviennent à chaque instant sous la plume de Strabon. Phanarée, longue et large vallée où flris et le Lycos mêlent leurs eaux, était la perle du Pont : « elle est toute plantée
(1) Le tracé de la frontière pon tique résulte de la description de Strabon, qui déclare expressément étudier le Pont dans les limites qu'il avait sous Mithridate (XII, 3, 1; cp. XIÎ, 3, 40-41). Frontière arménienne : th. 28. Frontière cappadocienne : XII, 2, 9-10. En ce qui concerne la Camisène et la Colupène, Strabon les compte tantôt dans le Pont (XII, 3, 37), tantôt dans la Cappadoce (ib. 12).