‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 185 sur 417 · ARBRES FRUITIERS; MIEL · texte numérisé non relu

ARBRES FRUITIERS; MIEL

La vigne venait à Fétat sauvage dans beaucoup de vallées bien abritées ; les crus de Phanarée , de Comana étaient célèbres , et sur les monnaies de Trébizonde figure une table chargée de raisins (1). L'olivier, Tarbre du midi par excellence, réussissait aussi dans la cuvette de Phanarée et tout le long de la côte à Test du promontoire de Sinope ; Strabon en signale d'importantes plantations autour de cette ville et d'Amisos (2). Le Lazistan, « la patrie des fruits » , méritait cette désignation dans l'antiquité comme de nos jours : nous avons déjà mentionné les forêts de pommiers, de poiriers, de noyers aux environs de Thémiscyre. Le cerisier avait donné son nom à la ville de Cérasonte , et c'est de là que ce fruit, déjà connu, du reste, en Grèce, fut rapporté en Italie par les soldats de Lucullus (3). Autour de Sinope il y avait des vergers opulents, des forêts de noyers et de châtaigniers; mais on ne sait pas au juste quelle variété de fruits à coque les anciens désignaient sous le nom spécial de <.( noix de Sinope » ou noix pontique (4).

L'admirable flore du Lazistan, avec ses multiples variétés d'azalées et de rhododendrons, charmait les yeux et contribuait à l'alimentation : car l'abeille changeait la fleur en miel. Toutefois il fallait se méfler des produits de certaines ruches : les Tzanes recueillaient un miel qui donnait une ivresse ou plutôt une démence dangereuse; ils en profitèrent pour griser et massacrer les cohortes de Pompée, comme leurs ancêtres avaient fait des soldats de Xénophon (5). Au reste le Pont était la terre classique des

phraste, Hist. 2)lant. VIII, 11, 5, d'après lequel à Pétra (Ptéria?), en Cappadoce, le grain de froment se conserve si bien qu'on peut le semer après 40 ans, le consommer après 60 ou 70. — Moulin à eau de Cabira : Strabon XII, 3, 30.

(1) strabon XII, 3, 30 (Phanarée); 36 (Comana). Drachme et diobole de Trébizonde : Xum. Chronicle, 1871, pl. VI, 3, 4.

(2) Phanarée : Strabon XII, 3, 30; Sinope et Amisos : II, 1, 15.

(8) Pline XV, 25, 102; Diphilos chez Athénée II, 51 a. Il est inexact que le nom de la cerise vienne de Cérasonte; c'est le contraire qui est vrai. Sur l'histoire et le nom du cerisier cp. Hehx, KuUurjiftanzen, 5* éd., p. 325 suiv.

(4) Pline XV, 22, 88; Athénée II, p. 53-54, qui cite Nicandre, Hermonax, Timachidas, Dioclès, Diphilos, Phylotimos, Agélochos, mais n'en est pas plus clair. On voit seulement que la noix pontique (tcovtixôv xàpuov) portait des noms très variés : ),67ri[xov, Ato; êâ^avo? (— Juglaus), peut-être àfxwrov; le fruit était gras, assez indigeste et donnait mal à la tête. Cp. Hehn, op. cit. p. 318 suiv.

(5) Les opinions des anciens et des modernes diffèrent beaucoup sur la provenance de ce miel : Xénophon, Aiiab. IV, 8, 20, ne se prononce pas ; Strabon XII, 3, 18, en fait une sorte de gomme, découlant du sommet des arbres; Élien, Hist. anim. V, 42, Textrait du buis;

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