‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 186 sur 417 · PLANTES MÉDICINALES , FORÊTS, GIBIER · texte numérisé non relu

PLANTES MÉDICINALES , FORÊTS, GIBIER

poisons et des remèdes , des aconits et des absinthes : Ton n'en finirait pas si Ton voulait énumérer la liste des simples, des herbes officinales plus ou moins efficaces , qu'on y récoltait pour la pharmacie de Mithridate (1).

Aux richesses proprement agricoles venaient s'ajouter les richesses forestières. Toute la ceinture montagneuse du Pont était garnie de forêts magnifiques, notamment la Petite Arménie, les environs de Cabira, réservés aux chasses royales, et tous les contreforts du Paryadrès. Le chêne était Tessénce principale; les pauvres montagnards n'en dédaignaient pas les glands. Le long de la côte paphlagonienne régnait une forêt continue de conifères, qui fournissait aux constructions navales des bois renommés; la tabletterie recherchait le buis de Cytoros (près d'Amas tri s), l'érable et le noyer de Sinope (2).

La forêt ne sert pas seulement par ses arbres et ses sources, mais encore par ses hôtes. Dans toute la région du Paryadrès, le gibier formait la principale nourriture des montagnards, et des chasseurs grecs venaient parfois en prendre leur part. Dans laGazélonitide on chassait le chevreuil, dans les marécages de l'Iris le castor, à cause de l'huile narcotique qu'il secrète, le castoreum, fort employé dans la médecine antique (3).

La pêche fluviale et lacustre était aussi productive que la chasse : le lac Stiphané, l'Iris, le Lycos regorgeaient de poissons, et il y avait des viviers célèbres à Cabira (4) ; mais la pêche maritime avait une bien autre importance et constituait vraiment une

Pline XXI, 13, 77, des rhododendrons; Hamilton I, 1(50; II, 383, de l'azalée pontique. Cf. aussi Dioscoride II, 103 ; Etienne de Byzance, s. v. TpaTîsî^oùç; Tournp:fort, II, 1G8. Le miel piatvop.evov ne doit pas être confondu avec le miel venenatum d'Héraclée (Pline XXI, 74 ; XXIX, 97; XXXII, 43.)

(1) Virgile, Bue. VIII, 95 : nascuntur plarima Ponto (venena). JjB jjJiu 2>onticum (Dioscoride, Galien, Servilius Damocratès) paraît être une sorte de valériane.

(2) Forêts de Cabira : Strabon XII, 3. 31; de la Petite Arménie : ib. 28. Chênes et glands du Paryadrès : ib. 18. Sapins de Paphlagonie, bois de Sinope : ib. 12. Buis d' Amastris : îb. 10. Théophraste, Hist. 2)lant. IV, 5, 5, cite Sinope et Amisos parmi les rares contrées d'où viennent les bois de construction pour navires. Cf. Horace, Carm. 1, 14, 11 iPonticapinus.

(3) Gibier du Paryadrès : Strabon XII, 3, 18. Chasseurs grecs : Plutarque, Luc. 15; Appien, Mith. 80. Chevreuil (i:6pO de Gazélon : Strabon XII, 3, 13. Castor : Virgile, Georg. I, 58 (virosaqîie Pontus Castorea) ; Pline VIII, 30, 109 ; Élien VI, 34, etc. Les anciens prenaient à tort les vésicules oléigènes du castor pour ses testicules et racontaient une fable ridicule suivant laquelle l'animal, poursuivi par le chasseur, jetterait la bourse pour garder la vie. Cp. pour l'emplacement de ces chasses, Hamilton, I, 187.

(4) Strabon XII, 3, 30 (Cabira); 38 (Stiphané). Sur les pêcheries actuelles de l'Iris, où Von attrape l'esturgeon, Hamilton, I, 284.

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