‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 189 sur 417 · INDUSTRIE, COMMERCE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE, COMMERCE

s'en va, transportant de bruyère en bruyère sa hutte grossière, ses outils primitifs et sa forge errante (1).

Sur l'industrie manufacturière nous ne possédons guère de renseignements. Comme tous les pays producteurs et exportateurs de matières premières , le Pont trouvait plus commode d'acheter les objets fabriqués que d'apprendre à les faire. Même dans les villes grecques de la côte, il n'est pas question de ces spécialités d'art industriel où excellaient les Grecs. Il n'est pas impossible que certaines branches de l'industrie a orientale » fussent cultivées chez les Cappadociens de l'intérieur; mais, parmi le somptueux mobilier royal que les Romains inventorièrent dans les gazophylacies de Mithridate, — harnachements, sièges, objets de vaisselle tout étincelants d'or, d'argent et de pierreries, — comment faire la part du travail national, de l'importation et de la conquête (2)?

L'activité commerciale du Pont résultait de sa situation géographique. Tout d'abord, en raison même de la diversité des climats et des produits, il y avait entre les différentes provinces de la monarchie un mouvement d'échanges très actif, un va-et-vient continuel de marchands et de navires. Les ports du Pont, Amastris , Sinope , Amisos voisinaient avec ceux de Chersonèse, de Théodosie et de Panticapée (3). En second lieu, les villes du littoral pontique servaient de débouchés naturels , non seulement au bassin de l'Iris, mais encore à la Haute Cappadoce et à l'Arménie tout entières. Le Pont approvisionnait ces pays des objets fabriqués de l'occident et transmettait à l'occident leurs

(1) Xénophon, Anab. Y, 5,1; Eudoxe chez Etienne de Byzance, s. v. XàXuêeç; Ps. Aristote, De mirah. ausc. 48 = IV, 82 Didot (le fer Chalybe et le fer d' Amisos sont inoxydables et ressemblent à de l'argent ; cela tient au mélange de sable) ; Apollonius de Rhodes II, 374 et 1002 ; Denys le Périégète, 7G8 ; Virgile, Georg. I, 58 ; Strabon XII, 3, Vd ; Pline VII, 56, 197 ; Ammien Marcellin XXII, 8, 21. Cf. Hamilton I, 274 suiv.

(2) On a voulu faire passer pour un échantillon de c( l'art asiatique )) dans le Pont au temps de Mithridate deux plaques votives en argent doré, de la collection Fenerly, décorées de groupes d'animaux fantastiques et réels ; l'une d'elles porte Tinscription NAOSAPTEMIA EK TQN TOr BA MIOPAT... La provenance indiquée est Comana pontique, mais rinscription me paraît fausse, et l'objet tout au plus eassanide (voir A. Odobesco, Z,e trésor de Fétrossa, Paris, 1889 ; tome I, p. 513 et fig. 217).

(3) Plus tard ces échanges se centralisent à Amastris. Cf. Nicétas de Paphlagonie, Orat. in S. Hyacinth. XVII (cité dans les Geog. minores de Miiller, I, 405, note) : 'AfJLàdxpa, ô Tyjç najpXayovîaç, {xotXXov 6è Tyjç olxou[jL£vyiç ô^tyou ôsîv ô^OaXfjiàç, el; rjv o'i xz xô êdpetov toO Eù^sivou {xépo; Trspto'.xoùvTEç IxOôai xaî oX Tipo; votov xei'fJLEvoi, wenrep eï; Tt xotvov (juvTps'xovTe; èfXTtopiov, Ta Trap' eaurwv te slaçépoufTi, xat xàT^ap' àuTïi; àvTi)>a(x6àvo'j(7t.

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