‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 190 sur 417 · SYSTÈME ROUTIER · texte numérisé non relu

SYSTÈME ROUTIER

produits naturels. Il pouvait môme faire une sérieuse concurrence aux ports de Tlonie, de la Syrie et de TÉgypte pour le transit des denrées de Asie intérieure : les caravanes parties de laMédie, par exemple, avaient aussitôt fait de remonter la vallée de l'Araxe et de franchir les défilés du Paryadrès, que de traverser les déserts de la Mésopotamie pour gagner Antioche ou Éphèse (1).

Le Pont manquait, il est vrai, de voies de communication nalurelles. Les Alpes pontiques opposent une véritable barrière entre la côte et Tintérieur; le meilleur port, Sinope, est comme isolé du continent par un épais rideau de montagnes; le col de Trébizonde disparaît pendant six mois de Tannée sous les pluies, les neiges ou les éboulis de rochers. De plus, aucune des rivières qui percent la chaîne côtière, Halys, Iris, Lycos, n'est navigable; même la petite batellerie y fut toujours insignifiante. Mais de bonne heure on avait suppléé à ce défaut de voies naturelles par la construction de routes d'art, dont les vallées et les cols traçaient d'avance au moins la direction. Dès l'époque perse, une section de la fameuse route royale de Sardes à Suse coupait la plaine de l'Iris et projetait certainement un embranchement vers Amisos et Sinope (2). Le réseau routier dut être développé par les Mithridate, si attentifs aux intérêts commerciaux de leur royaume et à la rapide concentration de leurs armées : tout porte à croire que la plupart des grandes voies que nous trouvons dans le pays à l'époque romaine sont un legs de la monarchie nationale. Amasie et Comana étaient les principaux nœuds du système. A la première ville aboutissaient les routes de Paphlagonie, de Galatie et de Cappadoce; à la seconde, les deux routes d'Arménie : celle du nord qui, partant d'Artaxata, suivait les' vallées de l'Araxe, du haut Euphrate et du Lycos; et celle du sud, l'ancienne route royale des Perses, qui franchissait le Tigre, l'Euphrate et le Halys, en passant par Tigranocerte et Tomisa. Ni Trébizonde ni les autres ports du littoral du Paryadrès n'avaient encore su attirer directement le commerce oriental : c'est dans les bazars de Comana que les caravanes d'Arménie venaient décharger leurs ballots de marchandises (3). De ce grand marché

(1) La route d'Éphèse vers l'orient est décrite par Strabon XIV, 2, 29, d'après Artémidore.

(2) Hérodote V, 52.

(3) Comana entrepôt du commerce arménien : Strabon XII, 3, 3P. Pour le tracé des routes, voir les itinéraires romains.

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