‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 19 sur 417 · POLITIQUE DES PERSES EN CAPPADOCE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DES PERSES EN CAPPADOCE

nobles ou prêtres, iraniens immigrés pour la plupart; le pays se couvrit de châteaux forts , qui servaient à la fois de citadelles royales et de manoirs seigneuriaux (1); le petit tenancier libre disparut et devint un serf attaché à la glèbe (2). A côté du château, s'éleva l'église. Le Perse respecta scrupuleusement la religion cappadocienne ; il laissa même aux pontifes des grands sanctuaires indigènes Thérédité, un prestige royal et un peuple d'hiérodules; mais il dressa autel contre autel. Des collèges de mages, des enceintes sacrées, vouées au culte d'Ormuzd, parsemèrent le pays; l'antique bourgade de Zéla fut accaparée par les dieux de l'Iran et leur culte s'y organisa sur le modèle du culte indigène ; le grand prêtre de Zéla devint l'égal et le rival des pontifes de Comana, et tous les habitants des alentours, à quelque race qu'ils appartinssent, prirent l'habitude de venir prononcer leurs serments à Zéla, de même qu'ils adoptaient, dans l'usage courant, le calendrier sacré des mages (3). Enfm, les Perses achevèrent de s'attacher les populations en facilitant les communications d'une province à l'autre : deux des grandes routes de l'empire, la fameuse route royale parcourue par les courriers du roi, et la route militaire du sud, que suivit le jeune Cyrus, empruntaient le territoire de la Cappadoce. Des ponts, défendus par des forts, s'élevèrent sur le Halys, et dès cette époque, sans doute, les deux grandes artères furent reliées par des voies secondaires dont Mazaca, chef-lieu de la satrapie, était le point de croisement (4).

Grâce à cet ensemble de sages mesures , la Cappadoce, en deux ou trois siècles , ^''iranisa presque aussi complètement que l'Arménie voisine; mais sur le liséré maritime, le persisme, réfractaire au commerce, fut supplanté par la civilisation supérieure des colons hellènes.

(1) Châteaux forts : Nepos, Dat. 4. Beaucoup de ceux que mentionne Strabon doivent dater de cette époque. Nobles (yiY£[;.ov£ç) : Polybe fr. XXXI, 15, 1 ; Diodore fr. XXXI, 21 Dind. ; Strabon XII, 2, 7. Grands domaines ecclésiastiques : Strabon XII, 3,3i, etc.

(2) Isidore de Péluse, ep. I, 487 : ô êtoç oOk àXXoOev 9) iv. ôouXsia; xai yz.r^Tzo-'iiaç, a^vla- Taxat.

(3) strabon XI, 8 ,4; XII, 3,37; XV, 3, 15. Calendrier : Ideler, Lehrbuch de?- Chronologie, I, 441.

(4) Route royale : Hérodote V, 52. Route militaire : Xénophon, Anah. I, 2, 20. Route transversale : Artémidore chez Strabon XIV, 2, 29. Hérodote prétend que les ponts du Halys existaient dès le temps de Crésus, mais les Grecs, 6 tio).) 6ç Aoyo; "^EXXiqvcov, n'étaien t pas de cet avis (1 , 75).

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