‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 20 sur 417 · PREMIÈRES COLONIES GRECQUES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES COLONIES GRECQUES

Dès le Yuf siècle, peut-être à Tinstar des Phéniciens, les marins grecs avaient franchi le Bosphore de Thrace et s'étaient risqués dans les eaux de la « mer inhospitalière » , attirés par la renommée des métaux de la Colchide et du Paryadrès (1). Ces voyages, immortalisés par le mythe des Argonautes, furent bientôt suivis de tentatives de colonisation : Trébizonde faisait remonter sa fondation à Tan 756 avant Jésus-Christ (2) , ce qui placerait la naissance de sa métropole, Sinope, à une date encore plus reculée (3). Toutefois, ces premiers établissements ne furent sans doute que des factoreries, grossièrement fortifiées, comme celles des nations modernes sur les côtes africaines , et destinée à servir de point de relâche aux navires, de marché avec les tribus barbares delà côte. Ces comptoirs, détruits en partie pendant l'invasion cimmérienne (4) , ne se relevèrent que le jour où la conquête médique eut clos Tèredes migrations. Dans le Pont, comme dans la Propontide, les Ioniens, en particulier les Milésiens, furent à l'avant-garde de la colonisation. Sur la côte méridionale de TEuxin, depuis le Parthénios jusqu'au Phase, ils égrenèrent tout un chapelet de colonies florissantes, dont plusieurs devinrent, avec le temps, des cités considérables (5). La plus importante fut Sinope, fondée définitivement en 630 avant Jésus- Christ (6) , et qui ne tarda pas à essaimer à son tour : à l'ouest Cytoros, à l'est Cérasonte, Cotyora, Trébizonde et sa colonie Hermonassa reconnaissaient Sinope pour métropole (7). Bientôt d'autres peuples grecs suivirent le mouvement : en 562 av. J.-C. les Phocéens fondèrent Amisos, à l'embouchure du Lycastos (8); quatre ans après, à la veille de la conquête perse, les Mégariens et les Béotiens bâtissaient Héraclée sur la côte des Mariandynes (9).

(1) Commerce de Tyr avec Mescheq et Tubal : Ézéchiel XXVII, 13. Mines d'argent du Pont : Iliade II, 857 T:Y]X66ev é| 'AÀùgyi!; ô9ev àpvûpou èoTi yevib\r\. Cf. Strabon VI, 3, 20,

(2) Eusèbe 01. G, 1 (II, 80 e Schœne).

(3) Sinope colonisée par les Argonautes : Ps. Scymnus v. Mais Hérodote IV, 12 paraît ignorer cette première colonie.

(4) Par exemple à Sinope, où les Cimmériens tuèrent le Milésien Abrondas : Scymnus, 918.

(5) L. BURCHNER, Die Besiedelung der Kiïsten des Pontos Euxeinos durch die Milesier. V'^^ Teil. Diss. Kempten, 1885.

(G) Scymnus, 949. Eusèbe 01. 37, 3 (II, 89 n Schœne).

(7) Strabon XII, 3, 10; Hécatée fr. 197; Xénophon, Atiab. V, ô, 7.

(8) Scymnus, 917. Théopompe (Strabon XII, 3, IG) fait à tort d'Amisos une colonie milésienne.

(9) Scymnus, 972; Justin XVI, 3. Strabon se trompe en faisant d'Héraclée, comme d'Amisos, une colonie milésienne.

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