ARMÉNIENS, PAPHLAGONIENS
si nombreux dans la province d'Acilisène, limitrophe du Pont, qu'elle en avait pris le nom d'Anaïtide (1). L'Arménie pontique n'avait pas de villes, et la principale occupation des habitants était l'élève du cheval et du mouton.
Les Paphlagoniens restaient toujours la rude nation de chasseurs et de pasteurs décrite par Xénophon, très attachée à ses vieilles coutumes et à son indépendance nationale; mais leur valeur militaire avait bien décliné depuis les temps lointains où leur domination s'étendait jusqu'au delà du Thermodon et où leur cavalerie passait pour la meilleure de l'armée perse. Le Paphlagonien était superstitieux, paresseux, borné, prêt aux besognes sanguinaires; les esclaves paphlagoniens avaient mauvaise réputation en Grèce. La religion consistait en un culte naturaliste qui rappelle celui du Sabazios phrygien : l'hiver enchaîne le dieu, le printemps le délivre. Les sanctuaires étaient de simples pierres sacrées qui couronnaient les crêtes de l'Olgassys. Peut-être le célèbre Hadès de Sinope, dont Ptolémée Soter fit chercher l'idole pour la placer dans le temple de Sérapis, n'était-il autre que le dieu national des Paphlagoniens, naturalisé grec (2).
Les Cappadociens , qui formaient le groupe ethnique le plus nombreux parmi les sujets de Mitliridate, n'avaient pas meilleure réputation en Grèce que leurs voisins, les Paphlagoniens. L'esclave cappadocien se rencontrait fréquemment sur les marchés de la Grèce, mais il s'y vendait à vil prix : c'était un lourdaud, un brutal, bon tout au plus à porter une litière (3). Aux touristes, les Cappadociens faisaient l'impression d'une race de serfs et de paysans, de gens « épais et sans culture (4) ». A la vérité, leur compatriote Strabon les distingue avec soin des « barbares » , les gens du Paryadrès, parce qu'ils avaient des habitudes laborieuses •
(1) Origine phrygienne des Arméniens : Hérodote VII , 73. Goûts nationaux : Tacite, Annales, II, 5(). Cultes perses : Strabon XI, 14, 16. Cf. Procope, Pers. I, 17.
(2) Sur les mœurs des Paphlagoniens , voir Lucien , Alexandre , c. 1) ; Constantin Porph}- rogénète, De themat. I, p. 29 : Cléon dans les Chevaliers d'Aristophane est un esclave paphlagonien. Sur leurs anciennes qualités militaires : Xénophon, Atiah. Y, (î, 8 ; leurs dispositions sanguinaires : l'assassin Alexandre (Appien, Jlith. 76), le boucher Théophile (ib. 23). Dieu paphlagonien : Plutarque, De Isid. et Odr. 69. Bétyles : Strabon XII , 3, 40. La liste la plus complète de noms propres paphlagoniens est dans Strabon XII, 3, 25. Je ne connais qu'un seul nom commun : yaYYpa , chèvre (Nicostrate et Alexandre Polyhistor chez Etienne de Byzance, s. v. ràyypa et "AY^upa).
(3) Constantin Porphyrogénète , De tliemat. I, p. 21 , Bonn.
(4) Sur les serfs cappadociens, voir Isidore de Péluse, ep. I, 487 : ô êio; oOit àÀXoOsv r,