NOBLESSE IRANIENNE. DIEUX PERSES
et lautre à une époque récente, et qui représentaient seules dans le Pont la civilisation véritable sous deux aspects différents : les Perses, aristocratie de tiare et depée; les Hellènes, bourgeoisie intelligente, qui avait le monopole de l'art, de la littérature , du commerce , bref de toutes les manifestations de la vie urbaine.
On sait déjà qu^une notable partie de l'aristocratie cappadocienne, qui constituait en même temps la classe des grands propriétaires fonciers, s'était recrutée parmi les nobles perses, immigrés à la suite de la conquête. Sous les Mithridate, Perses eux-mêmes, cette noblesse de sang iranien, fière, militaire, née pour le commandement, conserva sa situation; à en juger par les noms (1), elle continuait à fournir à TÉtat bon nombre de ses principaux serviteurs. Cependant les nobles perses n'avaient pas, ou n'avaient plus, l'accès exclusif des hauts emplois; à côté d'eux on trouve non seulement des Grecs, mais des Paphlagoniens, des Arméniens, des Phrygiens, peut-être même des Cappadociens indigènes.
Le gouvernement de Mithridate avait un caractère ^lutoritaire et passablement niveleur, comme tous les despotismes; il s'appuyait de préférence sur les classes laborieuses, diminua le rôle de la noblesse iranienne qui s'en vengea par la trahison. Quant aux privilèges du clergé iranien , ils furent scrupuleusement respectés, mais il ne paraît pas que les Mithridate aient favorisé l'expansion de la religion perse au détriment de la religion indigène : les deux cultes vivaient côte à côte, en bonne intelligence, sans se pénétrer et sans se combattre. Les dieux Perses n'avaient pas de temples proprement dits, mais des enceintes sacrées, dispersées à travers le pays, et annexées à des collèges ou couvents de mages, qui, suivant Strabon , étaient aussi nombreux en Cappadoce qu'en Médie. Les Grecs appelaient ces enceintes pyréthces et les mages pyrèthes, c'est-à-dire allumeurs de^ feu (2), à cause de la principale cérémonie de leur culte. Au centre^ de l'enceinte, ordinairement située sur une hauteur, s'élevait un
(1) Outre les familles des Mithridate, des Ariarathe, des Ariobarzane, on trouve encore dans les Cappadoces, antérieurement à la domination romaine, les noms perses Mitharès, Moapherne, Mtepaxwxtxyi; {Bdl. corr. hell VII, 134, n» 13), M.ôpali'Sr.; ^Ddtlon, 1889,
p. 57), etc. A f \
(2) Ce dernier mot traduit d'ailleurs littéralement le zend âtharvan (prêtres du teu), qu'on trouve dans l'Avesta (par exemple Yarna, XLI, 34-35).