‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 199 sur 417 · FONDATIONS NOUVELLES · texte numérisé non relu

FONDATIONS NOUVELLES

villes grecques du Pont incorporées à leur royaume. Quelque sensible que dût être à ces petites et glorieuses cités la perte de rautonomie politique, elles trouvèrent des compensations dans la faveur intelligente que leur témoignèrent les rois. Ici encore, le vaincu ne tarda pas à conquérir le vainqueur : quand des Grecs d'Amisos, Gaios, Dorylaos, étaient élevés sur un pied de camaraderie avec rhéritier du trône du Pont, quand un aventurier de Sinope, Diophante, offrait ses services au roi plutôt qu'il ne recevait ses ordres, quand la cassette royale contribuait si largement à Tembellissement des villes et à Famélioration des ports, les Hellènes du Pont auraient été mal venus à regretter trop vivement leur vieille indépendance, qui, depuis longtemps, ne leur apportait plus que Téternelle oscillation entre une démocratie sans frein et une tyrannie sans contrôle. Aussi l'attitude des villes pontiques lors de l'invasion romaine fut-elle, en général, d'un loyalisme irréprochable; les récits des historiens favorables à Rome, qui ont représenté leur résistance comme contrainte et forcée, laissent entrevoir une vérité toute différente. Sans doute les Grecs de Sinope et d'Amisos ne professaient pas tous un enthousiasme sans mélange pour la cause d'un roi qu'ils devaient considérer un peu comme un barbare frotté de civilisation; mais n'avaient-ils pas raison de préférer sa domination brillante et bienfaisante à la tyrannie, à l'exploitation financière que Rome avait à leur offrir?

Ajoutons que le philhellénisme de Mithridate ne se traduisit pas seulement par ses libéralités envers les cités grecques d'ancienne fondation. On verra tout à l'heure comment il attirait à son service des centaines de Grecs de toutes les provenances et de toutes les professions; comment sa cour, à l'apogée de son règne, fut le rendez-vous de tous les beaux esprits du temps qui ne pouvaient s'accommoder de l'insolent patronage de Rome. Mithridate comprenait, en outre, l'influence fécondante que pouvait exercer le génie municipal hellénique sur un pays encore dans l'enfance; il fonda, à l'intérieur du Pont, de nouvelles cités grecques ou favorisa, à l'exemple des rois de Cappadoce, Vhelh'nisation des anciennes bourgades. Déjà sa mère avait bâti une Laodicée dans la grasse campagne du lac Stiphané; Mithridate éleva dans un emplacement encore plus favorable, vers le confluent du Lycos et de l'Iris, au cœur de la magnifique plaine de Phanarée,

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