‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 215 sur 417 · ARMÉE. SOURCES DU RECRUTEMENT · texte numérisé non relu

ARMÉE. SOURCES DU RECRUTEMENT

l'année, le mois de rémission : c'est précisément l'existence d'une pièce, jusqu'à présent unique, marquée du 13® mois, qui nous permet d'affirmer la nature luni-solaire du nouveau calendrier pontique; d'ailleurs, le calendrier, comme l'ère, restera en usage pendant quatre siècles dans le royaume bosporan (1).

Terminons par l'organisation militaire, sur laquelle reposait tout l'édifice. Les premiers rois de Pont avaient composé leur armée presque exclusivement de mercenaires étrangers : Galates d'abord (2) , Grecs ensuite. L'entrée des Galates dans la clientèle romaine, le traité imposé àPharnace en 179 fermèrent laGalatie aux recruteurs pontiques (3). Sous Mithridate Évergète, Dorylaos le Tacticien leva des hommes en Thrace, en Grèce, surtout dans l'île de Crète, complètement indépendante alors, et qui, grâce aux guerres incessantes de ses villes, était à la fois la pépinière et l'école des soldats de fortune (4). La Grèce fut aussi la première source des armées de Mithridate Eupator, et c'est avec 6,000 hoplites grecs queDiophante conquit la Crimée. Mais si l'on avait ainsi la qualité, on n'avait pas le nombre : le soldat de profession se faisait chaque jour plus rare en Grèce, et là, comme en Galatie, il fallait compter avec l'influence et la jalousie prévoyante de Rome. Heureusement les victoires mêmes de la première partie du règne ouvrirent à Mithridate un nouvel et inépuisable marché de soldats : tout le bassin septentrional et occidental de l'Euxin, depuis le Caucase jusqu'au Balkan. Les peuples de cette vaste région, Scythes, Sarmates (lazyges et Royaux), Bastarnes. Celtes, Thraces, fournirent désormais à Mithridate la grande masse de ses combattants. Plusieurs de ces contingents

(1) Pour le monnayage de Mithridate voir mes Trois royauvies de VAsic Mineure et h la fin de ce volume Tappendice n» 3. Pour la question du calendrier, mon article La monnaie et le calendrier dans la Revue archéologique de 1887. Pour le calendrier cappadocien : FrÉret, Sur Vannée vague capjmdocienne (^Mémoires de V Académie des inscriptions j XIX, 35) : Idelbr, Lehrbuch der Chronologie, I, 441; Benpey et Stern, Monatsnamen, p. 77; GuT- SCHMID, Das iranische Jahr {Berichte der Saechsii<chen Gesellschaft der Wissenschaften, 1862). Les noms des mois, par exemple dans V Hémérologe de Florence, étant identiques non à ceux des mois Achéménides, mais aux noms du calendrier parsi, on a voulu en conclure, sans raison suffisante à mon avis, que le calendrier perse n'avait été introduit en Cappadoce que par la première conquête sassanide, au milieu du lii^ siècle.

(2) Mercenaires galates : Apollonius, F. H. G-. IV, 312; Eusèbe I, 251, 23, éd. Schoene ; etc.

(3) Polybe, fr. XXVI, 0.

(4) Strabon X, 4, 10.

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