‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 221 sur 417 · CAVALERIE · texte numérisé non relu

CAVALERIE

composée cFun casque, criin plastron en cuir de bœuf et de ce bouclier carré en osier appelé gerrhe, en usage chez presque tous les barbares (1). Quant à cette lourde cavalerie entièrement bardée d'écaillés de fer, homme et cheval, qu'on signale à cette époque chez les Arméniens, les Parthes et les Albanais sous le nom de cataphractes j Mithridate ne paraît pas l'avoir introduite dans son armée.

Dans la première guerre contre les Romains , la cavalerie pontique avait surtout procédé par des charges d'ensemble, qui produisaient un effet puissant, mais exigeaient un terrain favorable. Dans les guerres suivantes , les Romains évitèrent à dessein de se commettre en plaine avec la cavalerie pontique , dont ils reconnaissaient la supériorité; celle-ci dut alors borner son rôle à éclairer l'armée, à harceler l'ennemi et à intercepter ses convois de vivres. Nous verrons aussi, pendant la campagne d'Arménie, Mithridate adopter la tactique des brusques attaques par petits pelotons, des fuites simulées et des impétueux retours, dont on fait généralement honneur aux Parthes, mais qui fut peut-être l'invention du roi de Pont.

Les chariots armés de faux étaient dans l'armée de Mithridate un legs de famille. Cet engin, très différent de l'ancien char de guerre qui a précédé l'usage de la cavalerie, est essentiellement perse d'origine. D'après Xénophon, Cyrus en aurait été l'inventeur; toujours est-il que les chariots à faux restèrent en usage chez les Achéménides jusqu'à la fin de la dynastie et furent, un siècle plus tard, remis en honneur par Antiochus le Grand. Le chariot perse, le seul dont nous ayons une description détaillée, mais qui servit sans doute de modèle à ceux d'Antiochus et de Mithridate, était une voiture à deux roues, très courte, mais pourvue de longs et larges essieux, qui devaient être, ainsi que les roues, d'une solidité à toute épreuve. Le siège formait une sorte de guérite en bois épais, qui couvrait le conducteur jusqu'au coude; lui-même était cuirassé de pied en cap, les j^eux seuls restant découverts. Les chevaux, au nombre de quatre, et attelés de front, étaient également bardés de fer. Aux deux bouts de l'essieu, en dehors des moyeux, étaient fixées deux faux en fer, horizontales, longues de deux coudées; d'autres s'emboitaientj

(1) Strabon VII, 3, 17.

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