‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 222 sur 417 · CHARIOTS ARMÉS DE FAUX · texte numérisé non relu

CHARIOTS ARMÉS DE FAUX

SOUS Tessieu, la pointe dirigée contre terre. D'après Quinte-Curce, les extrémités du timon, celles du joug, les rais mêmes des roues étaient hérissées de pointes de fer; les antennes du timon auraient eu, dans les chariots d'Antiochus, une longueur de dix coudées (1).

Lorsque ces véhicules, réunis en masse, étaient lancés à toute vitesse sur un terrain horizontal, ils fauchaient littéralement tout sur leur passage et la peur était encore plus grande que le mal; en voyant voler en Tair les jambes et les bras mutilés de leurs camarades, les soldats novices, comme les Bithyniens à la bataille de FAmnias, étaient saisis de panique. Mais les Romains avaient appris, depuis la bataille de Magnésie, à se garantir contre ces engins qui, comme les éléphants, étaient plus formidables en apparence qu'en réalité : à défaut d'obstacles naturels du terrain, on se couvrait par des palissades ou des tranchées; quand on passait à l'offensive, les légionnaires se munissaient de trikili, c'est-à-dire d'un assemblage de quatre pieux en X; à l'approche de la charge, ces pieux étaient fixés en terre par trois de leurs tiges, et la quatrième pointait contre l'ennemi. Réfugiés derrière cette barrière improvisée, les soldats lançaient leurs javelots et leurs pierres, poussaient des clameurs assourdissantes qui effarouchaient les attelages et les faisaient relluer vers le corps de bataille, où ils semaient le désordre et la confusion. Ni à Chéronée, ni à Orchomène, les chars à faux ne répondirent à leur vieille réputation. Dans les dernières campagnes de Mithridate, ils ne sont pas mentionnés ; mais' ils reparaissent dans l'armée de son fds Pharnace : à la bataille de Zéla, ce prince eut l'incroyable audace de leur faire franchir un ravin sous les yeux de l'ennemi et gravir au grand galop la pente raide des hauteurs occupées par César ! Au temps d'Alexandre Sévère , quand les Sassanides ressuscitèrent la monarchie et les traditions achéménides, le chariot armé de faux ne fut pas oublié; ce fut la dernière apparition de cet engin depuis longtemps condamné (2).

(1) Description du chariot armé de faux : Xénophon, Cyrop. VI, 1, 29; 2, 17; Tite- Live XXXVIII, 41 , ô ; Quinte-Curce IV, 35, 5. Sur les chars perses voir en outre Xén., Allah. I, 7, 10-11; Ps. Xén., Cyrop. VIII, 8, 24, qui atteste leur décadence au iv^ siècle, notamment par suite de l'inexpérience et de la lâcheté des conducteurs. Sur les chars d'Antiochus, outre Tite-Live, cf. Appien, Syr. 32-33; Aulu-Gelle Y, 5.

(2) Emploi des trihvU : Végèce III, 24. Chars de Mithridate : Salluste, fr. III, 12,

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