MARINE DE GUERRE
moins perfectionné que celui de Taltaque : le récit du siège du Pirée nous a fait déjà connaître la merveilleuse fécondité de ressources d'Arcliélaos , ses contre-mines, ses tours de bois enduites d'alun, qui défiaient les flammes, etc. Quant à Callimaque, les Romains furent si exaspérés par son admirable défense d'Amisos et de Nisibis, qu'ils le traitèrent, quand il tomba entre leurs mains, non comme un prisonnier de guerre, mais comme un malfaiteur. Ajoutons que les ingénieurs grecs étaient bien secondés par les soldats et les ouvriers cappadociens ; c'étaient d'excellents terrassiers, qui creusaient des mines et élevaient des murailles comme par enchantement.
De même que l'armée nationale , la marine de guerre pontique fut une création de Mitliridate ; car celle de son père paraît avoir été encore très insignifiante. Mithridate Eupator fit de la sienne, en quelques années, la plus formidable du monde, au moins par le nombre. Tous les éléments nécessaires à l'établissement d'une grande puissance maritime se trouvaient d'ailleurs réunis dans son empire : d'excellents bois de construction en Paphlagonie et en Colchide, des métaux dans le Paryadrès, le chanvre, le lin, le goudron sur les bords du Phase; ajoutez toute une population de marins de race , les ports spacieux et les vastes chantiers de construction d'Amastris , de Sinope, d'Amisos, sans parler de Panticapée et de Théodosie. Dès l'année 88 , Mithridate pouvait mettre à flot 300 vaisseaux pontés {cataphr actes) et 100 galères découvertes à deux rangs de rames {dicrotes) (1). En 73, sa flotte était encore plus nombreuse : elle comptait 400 trirèmes ou quinquérèmes, presque toutes à proue cuirassée, et un nombre infini de bâtiments de transport et de bateaux légers, pentécontores , cercoures (bateaux en forme de queue recourbée), etc. (2).
Les premières escadres avaient été construites un peu vite, et, dans l'aménagement intérieur des navires , on avait trop sacrifié au luxe oriental , au goût de la mise en scène : beaucoup de galères avaient des bains, des harems somptueux, des pavillons reluisants de pourpre et d'or. Ces inutilités coûteuses furent supprimées après la première guerre contre Rome; en revanche, on surveilla davantage le choix des matériaux, l'armement et l'ap-
(1) Appien, Mïth. 17.
(2) Memnon, 37. Cp. Appien, Mlih. 119.
MITIir.IDATK.