DIVISION DES ARMÉES EN CAMPAGNE
romains, dont plusieurs avaient dirigé l'instruction de ses troupes pendant la paix; ils répondirent d'ailleurs assez mal à sa confiance.
En général, au moment de l'entrée en campagne, les forces terrestres étaient divisées en plusieurs armées, chargées d'opérer sur les divers théâtres de la guerre; le roi restait en personne auprès de l'armée la plus importante, dont il se réservait la direction supérieure. Dans cette armée, les chars à faux et quelquefois la cavalerie étaient groupés sous les commandants spéciaux; la phalange, du moins en 88, avait pour chef le ministre de la guerre; tout le reste de l'infanterie était sous les ordres de deux lieutenants généraux : Arcliélaos et Néoptolème en 88, Taxile et Hermocrate en 73, Marins et Hermaios en 72, Taxile et Diophante en 71 (1). Les armées détachées, opérant isolément, étaient commandées soit par un ou deux généraux expérimentés, soit par un prince du sang, auquel on adjoignait un ou plusieurs officiers de profession en guise de mentors. Sur l'exercice et la répartition des commandements inférieurs, nous sommes mal renseignés. Dans l'armée qui fut vaincue à Chéronée, chaque contingent national formait un corps d'armée distinct, sous un chef probablement indigène ; il y avait aussi des corps constitués d'après l'armement, comme les ckalcaspides. Plus tard nous voyons adopter dans l'infanterie la division romaine en cohortes, fortes chacune de 600 hommes; celles-ci, à leur tour, étaient groupées en brigades, ayant chacune un camp séparé. Toutefois le principe de la division par nationalités ne fut pas complètement abandonné : ainsi les émigrés romains continuèrent à former un corps à part, et, bien certainement, les contingents des vassaux scythes, méotiens et autres ne se laissèrent pas encadrer dans des formations régulières. L'armée resta ainsi, jusqu'au bout, l'image fidèle de la monarchie : un tout composite, formé des éléments les plus disparates, où la cohésion, l'unité morale n'étaient maintenues — au prix de quels efforts! — que par l'omnipotence, l'omniprésence et l'omniscience du roi.
(1) Appien, Mith. 41.