‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 244 sur 417 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Voilà tout ce que peuvent nous apprendre les documents sur le caractère et l'esprit de Mithridate, sur son entourage.et sur sa famille. Partout, on le voit, se retrouve ce mélange bizarre d'hellénisme et d'orientalisme, cette combinaison du sultan et du roi grec qui caractérise l'homme et le pays, placés au confluent de deux civilisations. L'ensemble est étrange, curieux, fascinant. Pourtant, malgré ses talents multiples, malgré son activité infatigable, malgré sa fin héroïque, il a manqué quelque chose à Mithridate pour être rangé parmi les vrais grands hommes de l'histoire : je veux dire un idéal supérieur, conçu avec sincérité, poursuivi avec constance. Que représente celui qu'on a appelé le Pierre le Grand de l'antiquité? la cause de la liberté, de la civilisation hellénique, ou au contraire la réaction de l'Orient despotique et fanatique contre l'Occident libéral et éclairé? on ne le sait, lui-même l'ignore. Nous l'avons vu, dans la première partie de son règne, se poser en champion de l'hellénisme, copier Alexandre, conserver la tunique, coucher dans le gîte du conquérant macédonien. Un moment même il a semblé qu'il eût réahsé son rêve ou du moins ramené les beaux jours du royaume de Pergame : l'Asie affranchie, la vieille Grèce elle-même soulevaient sur leurs épaules , dans un élan de fièvre joyeuse , le sauveur providentiel descendu des bords lointains de l'Euxin. Mais la fin du règne va nous offrir un tableau bien différent. Sous le masque hellénique, qui bientôt crève de toutes parts, nous trouverons un héros encore , mais un héros barbare, répudiant une civilisation d'emprunt, détruisant de ses propres mains les villes qu'il a fondées , adressant un appel désespéré au fanatisme religieux et national des vieux peuples de l'Asie et des hordes nomades du nord, dont il semble incarner désormais la haine irréconciliable non seulement contre le conquérant romain , mais encore contre la civilisation méditerranéenne. Quel est le véritable Mithridate? Celui de Chersonèse et de Pergame, ou celui d'Artaxata et de Panticapée? Je crains que ce ne soit ni l'un ni l'autre, et que dans ces deux rôles, où il parait successivement passé maître, Mithridate n'ait été, en effet, qu'un prodige d'ambition et d'égoïsme, un royal tragédien, jouant de l'Olympe et de l'Avesta, des souvenirs d'Alexandre et des reliques de Darius, du

gende BAIIAISSHS MOrSHS 0P20BAPI0S (Trois royaumes, p. 135 suiv.)- Chez Appien, le nom a la forme 'Opaàêapi;.

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