‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 247 sur 417 · DEUXIÈME CAMPAGNE DE MURÉNA · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CAMPAGNE DE MURÉNA

de cavaliers pontiques, poussa droit jusqu'à Comana de l'Iris, pilla ce temple célèbre et retourna prendre ses quartiers d'hiver en Cappadoce; il y fonda, sur la frontière même du Pont, une ville qu'il appela, de son nom gentilice, Licinia (1). Mithridate lui avait envoyé une ambassade pour l'arrêter au nom des traités; mais les ambassadeurs, — des gens de lettres grecs, — soutinrent mollement les intérêts du roi; quant à Muréna, il répondit qu'il ne savait pas de quels traités on voulait parler. Mithridate, qui avait besoin de la paix pour restaurer ses forces, était sincère dans ses protestations pacifiques. Comme Muréna ne voulait pas entendre raison, il envoya deux ambassades en Italie, l'une pour Sylla, l'autre pour le Sénat démocratique de Rome, qui étaient alors aux prises; en attendant leur retour, il pressa ses armements et demanda même des secours à la république d'Héraclée. Les prudents bourgeois, sollicités à la fois par Mithridate et par Muréna, répondirent que les temps étaient durs et qu'on ne pouvait guère songer à secourir autrui quand on avait tant de peine à se défendre soi-même.

Le printemps venu, Muréna, sans attendre la baisse des eaux du Halys grossi par les pluies, franchit ce ileuve, pilla 400 villages pontiques, et ramena son butin dans les places de Plirygie et de Galatie : cette fois encore, il ne rencontra aucune résistance. Au retour de cette expédition, il fut rejoint par l'envoyé du Sénat, Calidius, qui lui apportait l'ordre verbal de cesser les hostilités; mais soit que Muréna ne reconnût pas l'autorité du Sénat mutilé qui siégeait à Rome, soit que Calidius, comme on le prétendit, fût muni d'instructions secrètes qui contredisaient son message officiel, le propréteur ne tint pas plus compte des ordres du Sénat que des doléances de Mithridate. Au contraire, il se remit immédiatement en campagne et marcha sur Sinope pour terminer la guerre d'un seul coup. Mais cette fois la patience de Mithridate était à bout et son armée prête. Avec le gros de ses forces, le roi couvrit sa capitale, pendant que Gordios faisait une diversion sur les derrières des Romains. Muréna accourut au secours de ses alliés mis au pillage. Pendant quelques jours Muréna et Gordios restèrent campés vis-à-vis l'un de l'autre, séparés par un cours d'eau , — probablement le Halys , — qu'aucun d'eux

(1) Corriger ainsi l"Extv£ta de Memnon, c. 36. Cf. Th. Reinach, Villes méconnues j dans la Revue des études grecques, I, p. 333.

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