LA CAPPADOCE SOUS LES MACÉDONIENS
les montagnes .(322 av. J.-C.) (1). La Cappacloce devint une satrapie macédonienne, dont les limites coïncidèrent à peu près avec celles de l'ancienne satrapie perse : elle perdit, il est vrai , la Lycaonie, qui fut rattachée à la Phrygie (2), mais elle s'accrut, en échange, de la Paphlagonie, soumise pour la première fois par Calas, satrape de la Phrygie hellespontienne (3). Les villes grecques de la côte, sous leurs tyrans ou leurs constitutions démocratiques, payaient tribut et reconnaissaient la suzeraineté macédonienne (1).
Les Cappadociens et les Paphlagoniens subirent pendant vingt ans la domination des Macédoniens, sans se réconcilier avec elle. Les fréquents changements de satrapes, — Eumène, Nicanor, puis les lieutenants d'Antigone, — les sanglantes querelles des successeurs d'Alexandre dont la Cappadoce fut plusieurs fois le champ de bataille (5), un pareil régime n'était pas fait pour gagner les cœurs de populations habituées , sous le gouvernement perse, à la paix et à la stabilité. Elles n'attendaient qu'une occasion pour secouer le joug ou plutôt pour retourner à leurs anciens maîtres : elle se présenta en 302 av. J.-C, lors de la grande coalition formée contre Antigone.
Le fds adoptif du vieux satrape crucifié par Perdiccas, Ariarathe le jeune, sortit alors de sa retraite et, assisté par un dynaste arménien, Ardoatès (6), vint réclamer l'héritage de son père. Presque au même moment Mitliridate Ctistès appelait aux armes les Paphlagoniens et les Cappadociens du nord. Le lieutenant d'Antigone, Amyntas, n'avait pas assez de troupes pour résister à cette double agression; il périt dans la bataille contre Aria-
(1) Diodore XVIII, 16 et 22; XXXI, 10; Plutarque, Eumène, 3; Arrien, Suce. Alex. 5; Appien, Mith. 8 ; Quinte Curce X, 10, 3 ; Justin XIII, (i, 1 (= Trogue Pompée, prol. 13). D'après Hiéronyme fr. 2 (= Lucien, Macrob. 13), Ariarathe avait à sa mort 82 ans.
(2) Arrien, Suce. Alex. 37.
(3) Arrien II, 4, 1 ; Suce. Alex. 5; Memnon, 20; Q. Curce III, 1, 22; IV, ô, 13.
(4) Il y avait des tyrans à Héraclée (Denys le Bon set es fils : Memnon, 4), jusqu'en 281, à Sinope (Tacite, Hist. YV, 84 : Seydrothemis rex) au moins jusqu'en 290. Amisos avait une constitution démocratique (Appien, Mith. 8) et les monnaies de cette époque portent des noms de magistrats.
(5) Diodore XVIII, 39 ; XIX, 57-60; Arrien, Suce. Alex. 37. Les principaux événements militaires sont le célèbre siège de Nora, défendu par Eumène, et la délivrance d' Amisos par Ptolémée, lieutenant d'Antigone.
(6) Diodore XXXI, 19. Le nom est peut-être corrompu (Artavasde?). Il s'agit sans doute d'un dynaste de la Petite- Arménie, Perse d'origine, comme tous les rois arméniens.