‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 26 sur 417 · FONDATION DES DEUX ROYAUMES CAPPADOCIENS · texte numérisé non relu

FONDATION DES DEUX ROYAUMES CAPPADOCIENS

ratlie, qui devint maître de la vallée du Halys, pendant que son compatriote Mithridate s'établissait sur l'Amnias et sur l'Iris.

Les deux aventuriers perses, qui avaient agi sans doute avec la connivence secrète des ennemis d'Antigone, ne cherchèrent pas à s'évincer mutuellement; ils se résignèrent de bonne grâce au partage de la Cappadoce. Les populations étaient de cœur avec eux; elles saluaient avec joie le retour de la domination perse, symbole d'ordre et de prospérité. On le vit bien quand Séleucus, vainqueur d'Antigone et héritier de ses vastes prétentions, voulut écarter ces suppôts provisoires de sa politique et joindre la Cappadoce à la longue liste de ses satrapies. Il perdit une armée dans la Cappadoce du sud (1), el, dans le nord, Mithridate, ligué avec les républiques de la Propontide et de l'Euxin, sut également le tenir en respect. En 280 av. J.-C. Séleucus mourut; au milieu des longs déchirements causés par l'invasion galate et la rivalité acharnée des Ptolémées et des Séleucides , il ne fut plus question de ramener les Cappadociens sous le joug macédonien. On leur laissa l'indépendance, si chèrement achetée, et les maîtres qui leur tenaient tant au cœur; seulement l'intérêt jaloux de leurs voisins, grands et petits, sut perpétuer la division, purement artificielle, de la Cappadoce en deux principautés, bientôt érigées en royaumes. Le royaume des Mithridate, qui comprenait également au début un bon morceau de la Paphlagonie, s'appela Cappadoce de l'Euxin ou Cappadoce pontique (2) , désignations traînantes qu'il devait échanger, à la fm, contre le nom plus expressif et plus vrai de royaume de Pont. Le royaume des Ariarathe, limité d'abord au bassin du Halys, absorba peu à peu les districts situés entre Halys et Taurus, puis la Cataonie proprement dite, enfin la Mélitène (3); mais il cher-

(1) Trogue Pompée, prol. 17 : Séleucus amissis in Cappadocia c«m Diodoro copiis. En revanche il possédait encore au moins nominalement la Cataonie (Plut. Démet. 48) et la partie de la Cappadoce appelée Scleucide (Appien, Syr. ô5), c'est-à-dire probablement Tj^ana et la Bagadaonie. Quant aux Ariènes et Capréates, tribus ce entre la Cappadoce, la Cilicie et l'Aiménie », qu'il battit et chez lesquelles il fonda Apamée Daméa (Isidore, chez Pline Y, 127), leur site exact est inconnu.

(2) KaTTTiaSoxîa f; Tiepl EuEeivov , Polj'-be V, 4.'5, 1. KannaSo-xia 7ip6; tw Ilovro), Strabon XII, 1, 4.

(3) La Cataonie fut annexée par ce Ariarathe, qui le premier s'intitula roi des Cappadociens» (StrabonXII, 1, 2). Il s'agit probablement d' Ariarathe III (petit-fils d' Ariarathe II). le premier prince qui prenne le titre royal sur ses monnaies. Il dut recevoir la Cataonie en dot d'Antiochus Théosou de Séleucus Callinicos. A Tyana, il y avait, du temps d'Ariaramne.

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