‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 251 sur 417 · CAMPAGNES DE SERVILIUS ISAURICUS · texte numérisé non relu

CAMPAGNES DE SERVILIUS ISAURICUS

finir avec la piraterie, il fallait se mettre en mesure de la combattre sur son propre élément, la mer. Il se contenta d'entreprendre la destruction de ses repaires et la ruine des brigands de terre ferme, complices et receleurs des brigands de haute mer. Déjà Muréna avait mis fin à la dynastie des rois des montagnes de Cibyra (1); de 78 à 75 le proconsul de Cilicie, P. Servilius Vatia, enleva l'une après l'autre, dans une série de rudes campagnes, les places d'armes du roi de mer Zénicétos et des autres pirates installés en Lycie et en Pamphylie; puis, franchissant le Taurus, il pourchassa les brigands Isauriens parmi leurs rochers de granit et leurs forêts de chênes, prit d'assaut leurs principales forteresses. A la suite de ces guerres de !'« Isaurien », menées avec une cruauté inexorable, la province de Cilicie, jusqu'alors simple station militaire et navale, fut agrandie et réorganisée. Elle comprit désormais toute la région du Taurus occidental, c'est-à-dire la Pamphylie et là Cilicie Trachée le long de la côte, et à l'intérieur des terres la Pisidie, l'Isaurie, la Lycaonie (2); quelquefois même on y rattacha les trois diocèses méridionaux de la Phrygie (3). La Cilicie fut désormais le véritable boulevard de la puissance romaine en Asie; le gouverneur de cette province devint le gardien de la Cappadoce et le chef désigné de toute nouvelle guerre contre Mithridate ou Tigrane. i Les campagnes de Servilius Isauricus furent le seul acte de vigueur par lequel Rome , à cette époque de stagnation , attesta son existence aux populations asiatiques. Partout ailleurs elle assistait en spectatrice indifférente aux révolutions qui modifiaient si profondément en quelques années l'équilibre politique de rOrient.

A la veille de la première guerre Mithridatique, il y avait, on s'en souvient, trois grandes puissances dans cette partie du monde : la Syrie et l'Egypte, en pleine décadence, il est vrai, mais vivantes encore, et la monarchie parthe qui paraissait sur le point de recueillir définitivement l'héritage des Séleucides. Depuis cent ans la capitale des Parthes s'était déplacée, par des étapes successives, d'Hécatompyle à Ecbatane, d'Ecbatane à Ctésiphon.j

(1) Strabon XIII, 1, 17.

(2) Cicéron, Ad Att. Y, 21,^.

(3) Déjà en 80 ou 79 un supplice ordonné par Dolabella, gouverneur de Cilicie, a heu à Laodicée : Cicéron, Verr. Acc. I, 76. !

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