‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 252 sur 417 · DÉCADENCE DES PTOLÉMÉES · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DES PTOLÉMÉES

De l'Inclus à TEupIirate toutes les anciennes provinces des Séleucus et des Antiochus s'étaient vu convertir l'une après l'autre en satrapies gouvernées par les « premiers amis » des Arsaces , ou en « royaumes sub-parthiens » où ils installèrent des dynasties vassales, parfois même des branches cadettes de la leur. Sous le huitième Arsace, Mithridate le Grand, la monarchie atteignit son apogée et commença à faire sentir son influence dans le bassin de la Méditerranée. Délos reçoit les offrandes du roi parthe , Sylla parlemente avec son ambassadeur, les rois de Syrie sont ses captifs ou ses vassaux, la Mésopotamie est définitivement conquise, l'Arménie entamée.

Quinze ans à peine se sont écoulés et que de changements dans le tableau ! Il n'y a plus de Séleucides en Syrie; on se demande s'il y a encore des Ptolémées en Égypte; le Parthe affaibli, diminué, est relégué au second plan; à sa place une jeune puissance, l'Arménie, a grandi démesurément et affecte des prétentions à l'hégémonie de l'Asie. Comment se sont accomplies ces révolutions?

L'extinction des Lagides a été le résultat de la décadence physique et morale de cette race , énervée par la vie de harem et les unions incestueuses renouvelées à chaque génération. En 81, à la mort de Ptolémée Lathyre, Sylla plaçait sur le trône d'Égypte le jeune Alexandre II, fils d'Alexandre P"" et neveu de Lathyre. Ce prince avait eu une jeunesse aventureuse; sa grand'mère Cléopâtre l'avait fait élever à Cos , les gens de Cos le livrèrent à Mithridate en 88, plus tard il s'enfuit du Pont à Rome. Il ne parut en Égypte que pour y mourir; au bout de dix-neuf jours il fut massacré par la populace d'Alexandrie (I). Avec lui s'éteignit la descendance légitime de Ptolémée, fils de Lagos. Un testament, vrai ou supposé, d'Alexandre instituait le peuple romain pour héritier; mais le Sénat, tout en réclamant la fortune du jeune roi, déposée à Tyr, ne fit pas valoir ses droits sur les États égyptiens. C'est ainsi que depuis quinze ans, il laissait eii déshérence le legs d'un autre Ptolémée, la Cyrénaïque. Deux bâtards de Lathyre , Ptolémée Aulète et Ptolémée de Chypre , se partagèrent les Etats égyptiens; ils n'obtinrent pas la reconnaissance formelle de Rome, mais ils achetèrent une tolérance précaire par les subsides qu'ils allouaient aux chefs de la majorité sénatoriale.

(1) Appien, B. Civ. I, 102; Porphyre, F. H. G. III, 722.

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