‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 254 sur 417 · PROGRÈS DE L'ARMÉNIE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE L'ARMÉNIE

Sinatrocès, placé sur le trône des Arsacides par les Scythes Sacarauques (1); la monarchie parthe, diminuée, disloquée, craquant de toutes parts, est comme effacée provisoirement de la carte de l'Asie antérieure.

C'est à ce moment que l'Arménie entre brillamment en scène. On se souvient des hautes visées et des premiers succès de son roi Tigrane : la Sophène annexée, la Cappadoce deux fois conquise pour le compte de Mithridate. Pendant que le roi de Pont était aux prises avec Rome, Tigrane, oublieux de ses engagements envers son beau-père (2), ne songea qu'à profiter de l'affaissement des Parthes pour venger ses anciennes humiliations. Une armée arménienne envahit le territoire parthe et pénétra jusqu'à Arbèles et à Ninive , ravageant tout sur son passage ; les Parthes durent signer un traité désastreux, rendre à l'Arménie les soixante-dix vallées conquises en 95, et lui céder, en outre, deux llorissantes provinces de la Mésopotamie septentrionale, la Mygdonie etl'Osroène (3). En même temps, il leur fallut conclure un traité d'alliance avec le vainqueur (1) et abandonner à sa discrétion tous leurs anciens feudataires du nord-ouest. Le plus important, le satrape-roi de la Grande Médie (5), vit les Arméniens pénétrer jusqu'aux portes d'Ecbatane et brûler son palais (6); tous les voisins de Tigrane furent ainsi obligés d'accepter sa suzeraineté à des conditions plus ou moins onéreuses. Les rois d'Albanie et d'Ibérie sur le Cyrus, les rois de la Médie Atropatène (7) et de la Grande Médie , ceux de Gordyène et d' Adiabène sur le haut Tigre, devinrent les vassaux du nouveau Roi des Rois , lui apportèrent leurs hommages et leurs tributs en temps de paix , leurs contingents de soldats et d'ouvriers en temps de guerre.

(1) Lucien, Macroh. 15.

(2) LONGPÉRIER {Œuvres, III, 362) avait supposé, sur la foi de la légende mal lue d'une balle de fronde trouvée à Rhodes , qu'il y avait des auxiliaires arméniens dans l'armée de Mithridate en 88 av. J.-C. J'ai démontré ailleurs (Revue des études grecques, II, 384) que cette hypothèse est mal fondée.

(3) Strabon XI, 14, 15.

(4) Justin XL, 1 : Tigranes instructus Partkica societate.

(5) Probablement Darius (Appien, Mith. 106; Diodore fr. XL, 4 Didot). Il descendait de Bacasis, placé sur le trône vassal de Médie par le 4« Arsace, Mithridate l*"" (Justin XLI, 6).

(6) Isidore de Charax, c. 6 {Geog. min, Didot, I, 250). Il appelle ce palais Adrapana, mais le texte est douteux ; peut-être faut-il rétablir le mot Apadâna (palais) qui se lit précisément sur une inscription achéménide d'Ecbatane.

(7) Mithridate, roi d'Atropatène, épousa une fille de Tigrane (Dion Cassius XXXVI, 16).

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