‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 259 sur 417 · ARMEMENTS DE MITHRIDATE · texte numérisé non relu

ARMEMENTS DE MITHRIDATE

Sertorius était d'avis d'accepter ces propositions; Sertorius refusa. Précisément parce qu'il avait la prétention d'être un gouvernement « légitime », il ne pouvait, sans se démentir, abandonner un pouce du territoire romain ; en revanche, il se déclarait prêt à céder la Bithynie , la Cappadoce , même la Galatie et la Paphlagonie, bref tout ce qui ne faisait pas directement partie des deux provinces romaines. Après trois mois d'absence , Métrophane et les deux Fimbriens rapportèrent cette réponse à Sinope. Mithridate ne marchanda pas son admiration à Sertorius ; si ce proscrit parlait ainsi des bords de l'Océan, que serait-ce sur les marches du Capitole? L'affaire de la succession de Bithynie décida Mithridate, au dernier moment, à traiter sur les bases indiquées par Sertorius : le roi envoya en Espagne 3,000 talents et 40 navires, le grand rebelle lui prêta, en échange, un de ses meilleurs officiers, le borgne M. Marins, qui devait lui servir de général et gouverner l'Asie en qualité de proconsul (1).

Pendant que les agents de Mithridate parcouraient ainsi toutes les mers et travaillaient à réunir en un faisceau tous les ennemis déclarés et secrets de Rome, le roi lui-même s'occupait, avec le concours des émigrés romains, de réorganiser son armée. Le luxe coûteux et inutile qu'on avait déployé naguère dans l'habillement des troupes , le harnachement des chevaux , l'aménagement des navires, fut supprimé. L'infanterie, dont les Bastarnes formaient désormais l'élite, fut armée à la romaine d'épées courtes et tranchantes, de casques, de cuirasses et de boucliers pesants. On améliora la remonte de la cavalerie, la construction et l'armement des vaisseaux de guerre, l'instruction des troupes (2). Les effectifs que Mithridate mettra désormais en ligne ne seront pas aussi colossaux que pendant la première guerre, mais ils opposeront aux Romains une résistance autrement efficace.

A Rome, on connaissait vaguement ces préparatifs et l'on y répondait par des mesures parallèles. On avait toujours deux légions dans la province d'Asie, on en entretint deux autres en

(1) Plutarque, Sertorius, 23-24; Appien, Mith. 68 (nomme à tort l'Asie parmi les provinces cédées)-, Salluste, fr. II, 68; III, 8 Kritz; Cicéron, Verr. I, 87 (et Ps. Asconius adloc. = ed. Orelli V, 2, 183) ; Pro lege Manilia, c. 4 et 16; Orose VI, 2. Appien nomme le lieutenant de Sertorius M. Varius, Plutarque et Orose M. Marins; le témoignage de ces derniers auteurs est certainement préférable, d'autant plus que le prénom Marcus, fréquent chez les Marii, paraît étranger à la gens Varia.

(2) Plut., Luc. 7 ; Appien, Mith. 69. Voir pour les détails supi-a, p. 268 et 273.

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