‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 265 sur 417 · INVASION DE LA BITHYNIE · texte numérisé non relu

INVASION DE LA BITHYNIE

Taxile et Hermocrate, comptait, d'après révaluation la plus modérée, 120,000 fantassins, 16,000 chevaux, 100 chars armés de faux et un matériel immense ; la flotte , sous Famiral Aristonic , se composait de 100 bâtiments de combat, sans compter les moindres esquifs. Des magasins avaient été échelonnés sur divers points de la côte; on y avait accumulé 2 millions de médimnes de blé, soit 96 millions de rations (1).

La rapidité des premières opérations répondit à l'importance de ces préparatifs. En neuf jours la grande armée traversa sur deux colonnes la Galatie et la Paphlagonie, en prenant par les vallées intérieures de TAmnias et du Billéos (2) ; Mithridate parut inopinément en Bithynie, proclamant sans doute qu'il venait installer le roi légitime, le jeune Nicomède. Les populations firent bon accueil à l'invasion : en quelques mois l'avidité des traitants romains avait déjà réussi à mettre toute la province en feu. Leurs agents osèrent même se présenter à Héraclée, ville libre qui n'avait jamais fait partie du royaume bithynien. Ils furent mis en pièces par la populace indignée, et si la prudente république persévéra dans ses déclarations de neutralité, elle ouvrit cependant son marché à la flotte pontique ; l'amiral de Mithridate profita de la circonstance pour s'emparer de deux citoyens notables et ne les relâcha qu'en échange de cinq navires de guerre (3).

Tous les résidants romains , marchands et fonctionnaires, disséminés à travers la Bithynie, fuirent devant le torrent et s'enfermèrent dans la forte place de Chalcédoine, située à l'extrémité du royaume, vis-à-vis de Byzance. C'est là, à l'entrée du Bosphore, que le proconsul Cotta avait concentré son armée et son escadre. Lucullus, à la nouvelle de la marche de Mithridate, s'était mis en mouvement de son côté avec l'armée de Cilicie pour secourir son collègue et s'avançait à marches forcées à travers la

(1) En comptant la ration journalière à un chénice (un peu plus d'un litre), suivant Tusage des Grecs (Boeckh, StaaUhaiishaltnug der Athener, c. 15). A Rome on comptait à cette époque 1 ^/o litre (Salluste, fr. III, 81, 19 Kritz). — Orose donne, sans doute par erreur, Eumaque et Marins comme généraux en chef de l'armée de terre; de même, Memnon appelle deux fois (c. 38 et 40) Archclaos l'amiral de Mithridate. Pour les effectifs, j'ai suivi Plutarque. Appien, 3Iith. 69, compte 140,000 fantassins; Memnon, lôO,000, puis 12,000 chevaux, 120 chars. Strabon XII, 8, 11, compte également 150,000 hommes.

(2) Memnon dit la Timonitide (cf. Strabon XII, 8, 41) et la Galatie.

(r>) Memnon se trompe en faisant arriver les agents des publicains à Héraclée après l'invasion pontique.

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