‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 268 sur 417 · MITHRIDATE DEVANT CYZIQUE · texte numérisé non relu

MITHRIDATE DEVANT CYZIQUE

lus et déboucha le matin (1) sur les crêtes du mont Adrastée, vis-à-vis du détroit de Cyzique.

Cyzique, la porte de l'Asie, Tune des plus belles villes et des •forteresses les plus redoutables de l'antiquité, était bâtie au sud d'une île montagneuse de la Propontide , très rapprochée de la côte, et que deux digues, aujourd'hui remplacées par un mince pédoncule sablonneux, rattachaient alors au continent. La ville était couverte d'un côté par la mer qui y creusait deux ports spacieux, Panormos et Chytos; de l'autre, elle s'adossait au mont Dindymos, qui formait l'ossature de l'île et dont un contrefort, le mont aux Ours, était compris dans l'enceinte. Les fortifications dataient du temps de Timothée, au iv"* siècle; la muraille était haute, soigneusement réparée, flanquée, de loin en loin, de grosses tours en marbre blanc de Proconnèse. Cyzique était depuis plusieurs siècles une ville commerçante d'une grande prospérité; elle avait une marine puissante : dans ses arsenaux on comptait 200 cales à vaisseaux. Son excellente constitution, ne faisant pas de mécontents, ne faisait point de traîtres. Une commission permanente de trois ingénieurs veillait à l'entretien des édifices publics et de l'artillerie de place; enfin, en prévision d'un siège, la ville avait organisé trois énormes magasins, l'un d'armes, le second de machines, le troisième d'approvisionnements, où l'on conservait de grandes quantités de blé, mêlées à de la terre chalcidique qui l'empêchait de moisir (2).

Attaquer une pareille forteresse eût été en tout temps une entreprise chanceuse; l'attaquer en présence d'une armée ennemie, qui tenait la campagne, était une témérité. Mithridate comptait, il est vrai , surprendre la ville, très éprouvée par la bataille de Chalcédoine, où le contingent cyzicénien n'avait pas

(1) Salluste, fr. III, 14 Kritz. : Nam tartla tune erat et sublima nebuîa caehim obscurahat.

(2) Sur Cyzique : Strabon XII, 8, 11. Pline V, 32, 142 se trompe certainement en attribuant à Alexandre la jonction de l'île au continent : Scylax, c. 94 (au temps de Philippe) fait déjà de Cyzique une presqu'île. Noms des ports : Schol. Apoll. Rhod. I, 954 et 987 ; Etienne de Byzance, v. nàvopfjLO;;. Au temps de Strabon, il y avait deux ponts ou plutôt deux digues dont les débris subsistent encore; Frontin III, 13, 6 {introitus unus et angustus ponte modico) et Salluste, fr. III, 21 Kr. {unde pons in oppidum jiertinens explicatur) n'en mentionnent, au temps de Mithridate , qu'un seul. Peut-être faut-il rapporter ici Salluste, fr. II, 81 : dubmm an insula sit , quod euri atque austri sxiperjactis Jiuctibus circumlavitur. Cf. en général Marquardt, Cyzicus und sein Gebiet, Berlin, 1836, et le plan de Cyzique dans Perrot et Guillaume, Exploration de la Galatie, etc., pl. IV (cf. Rev. arch. 1875, p. 93).

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