LA GUERRE DANS LES PROVINCES
course la Grande Fhrygie et la Cilicie romaine, massacrant partout les résidants romains et leurs familles, soulevant les peuplades du Taurus récemment soumises, Isauriens et Pisidiens (1); mais là se bornèrent ses succès. Le jeune César, qui achevait ses études à Rhodes, leva un corps de partisans en Carie, raffermit la fidélité chancelante des villes grecques et chassa les Pontiques du littoral (2). Arrêtés au sud, les Royaux ne furent pas plus heureux au nord : le légat propréteur C. Salvius Naso, qui paraît avoir fait fonctions de gouverneur d'Asie, défendit victorieusement contre eux la Phrygie Epictète et les cantons montagneux des Mysiens Abbaïtes (3). Fannius et Métrophane, battus par le légat Mamercus, se sauvèrent en Mysie avec 2,000 chevaux et rejoignirent le camp du roi par un immense détour à travers la Méonie et la région volcanique dlnarima (1). Quant à l'amiral Aristonic, qui devait faire une démonstration dans la mer Égée, avant même de lever l'ancre il tomba dans un piège que lui tendirent quelques officiers Fimbriens, et se laissa prendre avec 10,000 statères qu'il avait emportés pour provoquer des défections. Enfin, pendant l'hiver, le tétrarque des Tolistoboïens Déjotaros, fils de Dumnorix, souleva la Phrygie, battit les garnisons d'Eumaque, disséminées dans le pays, et tua plusieurs de ses lieutenants (.5).
Devant Cyzique, ]\Iithridate, d'assiégeant, était devenu assiégé. La mauvaise saison survint avant qu'on se fût décidé à la retraite. Depuis longtemps les détachements de cavalerie romaine interceptaient les convois terrestres ; maintenant les tempêtes rendaient déplus en plus difficiles les arrivages par la voie de mer. Dès lors la disette et la maladie sévirent cruellement dans le camp pontique. Cent mille hommes mal nourris, mal abrités, s'entassaient dans un étroit espace, où les précautions sanitaires les plus élémentaires étaient négligées. Les cadavres des chevaux, des bêtes
(1) Salluste, fr. III, 31 : inter recens domitos Tsauros Pisidasqm.
(2) Suétone, Jul. 4.
(i>) Inscription à l'Appendice, n" 17.
(4) Orose YI, 2, 16-18; Liv. , fr. 20, Weissenborn. La chronologie de tous ces événements est aussi incertaine que leur connexion.
(ô) Liv,, ep. 04. Le nom du père de Déjotaros a été récemment fourni par Vinscription C. I. A. III, 544. On ne doit pas confondre ce Déjotaros , le célèbre client de Cicéron , avec son homonyme, tétrarque des Trocmes, auquel se rapportent inscription d'-^gse (Hirsch- FELD, Bull. ihlV inst, 1873, p. 227) et celle de Lesbos (Hirschfeld, Hermès^ XIV, 474).