SUCCESSION DES ROIS DE PONT
(121 av. J.-C.) furent remplis par cinq règnes, correspondant à quatre générations seulement (1) : le Ctistès meurt en 266 av. J.-C; son fils, Ariobarzane, qu'il avait probablement associé à la couronne (2), lui survit une vingtaine d'années; puis viennent Mithridate II, de 250 à 190 environ (3), Pharnace (190 k 169) (1) et Mithridate III Philopator Philadelphe (169-121), l'Évergète des Grecs, frère de Pharnace (5). Ainsi, sur cinq rois, trois au moins sont morts septuagénaires , et deux d'entre eux , — Mithridate II et Mithridate III, — laissent à leur mort des enfants en bas âge. On reconnaît bien là cette forte race d'où étaient sortis au iv*" siècle le satrape Ariobarzane et son fils.
Aussi solidement bâtis que leurs ancêtres, les rois de Pont sont, comme eux, de bons soldats, qui payent bravement de leur personne sur le champ de bataille. Ils sont aussi des politiques avisés, ^ ambitieux, souvent retors; Polybe appelle son contemporain Pharnace « le roi le plus méprisant du droit qu'on eût encore connu (6) » : l'histoire du personnage, la physionomie canine que lui attribuent ses médailles, ne sont pas faites pour contredire ce jugement sévère. La politique extérieure des Mithridate se résume en cette simple formule : garder ce qu'on a, prendre ce qu'on n'a
(1) Appien, Mith. 9 : àpxrjv zatTl TrapÉowzev (le Ctistès)- o'i ô'r,pxov, ëxsoo; fxeO' sTcpov. £toç ÈTtl TÔv ëxTov «710 Toù TTptôxou Mi6pi&àxr,v, ô; Pcofxatotç £7roX£[jLr,(jev, Mais ailleurs Appiea lui-même {Mtth. 112) et Plutarque (^Demet. 4) comptent 8 Mithridate: Syncelle en compte 10. dans deux passages (p. .520, 5 et 6!)3, 7). Sur les essais de conciliation et d'explication de ces textes, cf. mes Trois royaumes, p. 180 suiv.
(2) Il joue un rôle très en vue du vivant de son père : Memnon, IG ; Apollonius d'Aphrodisia fr. 13 (F. H. G. IV, .'512). Mort du Ctistès : Diodore XX, 111.
(3) Avènement avant la mort d'Antiochus Théos, 24<) av. J.-C. (Memnon, 24): mort avant la prise de Sinope, 183 (Polybe XXIV, 10). Il était mineur à son avènement et maria déjà des filles en 222 (Polybe V, 43, etc.).
(4) Le texte de Polybe XX VII, 25 (année 170/(59) semble bien une notice nécrologique.
(5) Les surnoms officiels de Mithridate III sont donnés par son tétradrachme (^Trol< royaumes, p. 172) et Tinscription bilingue du Capitole (^Append. II, n» 2). Il était fils de Mithridate (II) (même inscription), donc frère de Pharnace, ce qui explique ses surnoms, et allié des Romains (ibid.) : de là résulte son identité avec le Mithridate Evergète des historiens (Appien, Mit h. 10; StrabonX, 4, 10; et C. I. G. 2270, Délos) puisque, d'ajjrès Appien, Evergète est le premier roi de Pont qui soit entré dans la clientèle romaine, Trogue Pompée (Justin XXXVIII, 5 et (!) s'est donc trompé en prenant Eupator pour le j>etit-JiU de Pharnace : il était son neveu. L'historien romain a confondu l'ordre des règnes avec celui des générations. Sur cette question controversée : Sallet, Zeitschrift fiir Numism. IV, 232; MoMMSEN, ib. XV, 207; Th. Rkix.VC'H, 17erue numism. Y, '.I7 : VI, l(î!» et 2Ô1.
(G) Polybe fr, XXVII, 15 : <ï)apvây.yi; Tiâvrwv xwv txooxoO paaiXc'tov éysvsxo Trapavoij.wxaxo;.