SIÈGE D'HÉRACLÉE
lui attribua un territoire de 120 stades, s'efforça dy attirer des colons; les réfugiés athéniens qui étaient restés à Amisos depuis la tyrannie d'Aristion furent rapatriés avec un viatique (automne 71 av. J.-C.) (1).
Le siège d'Héraclée dura près de deux ans. Dès l'été de 72, Cotta, à qui, l'on s'en souvient, la tâche de conquérir cette ville avait été attribuée par le conseil de guerre de Nicomédie, s'était emparé de Prusias-sur-Hypios; de là, il descendit vers la côte et dirigea une première attaque contre Héraclée. Mais les milices bithyniennes , que le proconsul exposait à dessein en ménageant ses troupes, furent battues par les 4,000 Ciliciens de la garnison, sous leur brave commandant, le Gaulois Connacorix. Les machines de siège ne réussirent pas mieux que les assauts; béliers et tortues vinrent se briser contre les formidables tours de l'enceinte d'Héraclée. Furieux , Cotta brûla ses engins , coupa la tête à ses constructeurs et transforma le siège en blocus. Quelques détachements seulement campèrent au pied des murs ; le gros de l'armée prit ses cantonnements dans la fertile plaine du Lycos et ravagea les environs. Les assiégés, bientôt à court de vivres, envoyèrent des ambassades pressantes à leurs colons de Chersonèse, aux Scythes de la Crimée , aux Méotiens , aux gens de Théodosie ; ils en reçurent quelques vivres ; mais si le Dorien frugal se contentait du strict nécessaire, les mercenaires trouvaient la pitance maigre et tombaient à coups de bâton sur les bourgeois pour leur extorquer les provisions qu'ils avaient mises en réserve.
L'année suivante, la flotte de Triarius, devenue disponible par la victoire de Ténédos, vint coopérer avec l'armée de siège. Elle était forte de 43 galères, dont 20 rhodiennes. Les Héracléotes marchèrent bravement à sa rencontre avec 30 vaisseaux; mais leurs bâtiments étaient insuffisamment montés, mal équipés; les Grecs furent battus sur mer, le jour même où, sur terre, ils repoussaient un nouvel assaut de Cotta. Affaiblis par la perte de 14 navires, ils ramenèrent les débris de leur escadre dans le petit port; le grand fut occupé par les vainqueurs, et la ville se vit désormais bloquée de tous côtés. Le second hiver fut terrible : le blé
(1) Memnon, c. 45; Plut., Luc. 19; Appien, ^[^th. 83. Cp. Salluste, fr. IV, 2 : quia pi aedatores , facibus sibi i^raelucentes , a7uhustas in tectis sine cura veliquemnt. L'incendie allumé par Callimaque n'est mentionné que par Plutarque.