DÉFECTION DES VASSAUX DE TIGRANE
saux de Tigrane, qui n'attendaient qu'une occasion pour secouer le joug, firent leur soumission au vainqueur. Du nombre furent le roitelet de Commagène, Antiochus P% — descendant, comme Mithridate, des Achéménides en ligne paternelle et des Séleucides en ligne maternelle (1), — et le puissant émir des Arabes Rhambéens, Alchaudon (2). Antiochus FAsiatique, ramené dans les fourgons des Romains, obtint de Lucullus la permission de remonter sur le trône de Syrie , sans parvenir toutefois à s'y consolider (3). L'armée romaine, maîtresse de toutes les provinces de Tigrane au sud du Tigre, excepté Nisibis, prit ses quartiers d'hiver dans la Gordyène, dont les châteaux forts n'opposèrent aucune résistance. Elle y trouva des approvisionnements considérables en blé (3 millions de médimnes) et fit à Zarbiénos de brillantes funérailles (hiver 69-68).
Pendant ce même hiver, Mithridate et Tigrane réorganisaient leurs forces en vue de la prochaine campagne. La sagacité et l'énergie du roi de Pont éclatèrent dans toutes les mesures qui furent prises d'un commun accord. Les deux rois parcoururent ensemble toutes les provinces de l'Arménie, appelant la jeunesse aux armes pour la cause nationale, enrôlant tout le monde, sauf à ne garder définitivement sous les drapeaux que les conscrits les plus vigoureux. On réunit ainsi environ 10,000 fantassins et 30,000 cavaliers (4), qui furent répartis en cohortes et en escadrons, et
(1) Sur la dynastie de Commagène : Mommsen, Ath. Mith. I, 27, et surtout les inscriptions du grand tumulus de Nimroud Dagh, publiées par Puchstein et Humann, lieisen lu Klein Asien iind Syrien j p. 262 suiv. Sur Antiochus en particulier (fils de Mithridate Callinicos et d'une fille d'Antiochiis Grrypos), cf., en outre, C. I. A. III, 5ô4; Le Bas-Wad- DINGTON, Asie Mineure, 130^1 (Éphèse).
(2) 'AX/auSovio; chez Dion Cassius XLVII, 27; 'A)//aiôa[JLvo? chez Strabon XVI, 2, 10 (ô TÔjv *Pa[;.êaicov [^aaO.eùç twv ivxbc, toù EO'f pocTou vofxàôwv).
(3) Justin XL, 2 ; Appien, Syr. -iG. Antiochus l'Asiatique était le fils d' Antiochus Eusèbe et de Séléné (Appien, Syr. 49. 60); Justin et Eusèbe le confondent avec son père. Il eut pour concurrent son petit-cousin Philippe II, fils de Philippe I*', second fils d' Antiochus Grrypos (également confondu par Eusèbe avec son père). Antiochus s'appuj^ait sur le dynaste arabe Sampsigéram d'Emèse, Philippe sur un autre Arabe, Aziz. (Cf. Josèphe, Ant. jud. XIII, 14, 3 ; XX, 7, 8.) Sampsigéram finit par tuer son protégé (Dicdore, fr. Escor. 34 =: Millier, F. H. G. II, "XXiv). La réponse méprisante de Pompée (Justin et Appien, loc. cit.) s'adressant à lui, sa mort dut avoir lieu après 64, probablement en Ô8 (Eusèbe). Philippe vivait encore en 67, où il éleva des prétentions au trône d'Egypte (Eusèbe, îoc. cit.).
(4) Phlégon de Tralles, fr. 12, Muller (= F. H. G. III, 606) : Tw TSiapTo) etsi (01. 177, an 4 — 69-68 av. J.-C.) ïiypâvy); xal MiOpiSaTri; àOpoi'oravTe; ue^où; [JL£v xÉ<raapa; {xuptàôaç, CTTTiéa:, ôt xpet;, xal tôv 'IxaXixôv aÙToù; TâEavxe; xpÔTiov, è7to)>£[J.r|'7av AsuxoXXo). Appien compte 70,000 fantassin,^, 30,000 chevaux.