RÉSULTATS DE LEUR POLITIQUE EXTÉRIEURE
sur les populations encore barbares de son royaume. Sous son successeur, le transfert de la résidence royale à Sinope marque le terme d'une évolution séculaire : dans cette ville toute grecque la dynastie pontique achève de dépouiller son écorce barbare, et riiellénisme, admis jusque-là au partage seulement, acquiert une prépondérance marquée.
Telle la physionomie de la dynastie. Voyons-la maintenant à Fœuvre. Pour un État jeune et sain, vivre c'est grandir. Mais de quel côté le Pont pouvait-il chercher à s'étendre? Dès sa naissance, il se vit comme emprisonné dans une ceinture de petits États, jeunes et ambitieux comme lui : à l'ouest la Bithynie, au sud la Cappadoce, à l'est la Petite-Arménie, le premier-né des royaumes arméniens. Cet entourage protégeait l'indépendance du Pont, mais gênait son développement. Il ne restait d'ouvert à ses convoitises que la Paphlagonie et la Grande-Phrygie au sud-ouest, les républiques de l'Euxin au nord ; mais là même la politique conquérante des Mithridate se heurtait à de graves difficultés.
Les Paphlagoniens avaient suivi avec élan le Ctistès quand il les appelait aux armes et à la liberté; dès qu'ils s'aperçurent qu'il s'agissait seulement de changer de maîtres , dès qu'ils purent redouter d'être absorbés dans un État composite où leur nationalité serait étouffée, ils perdirent foi dans leur prétendu libérateur et retournèrent à leurs vieilles habitudes d'anarchie et d'indépendance. Au bout d'un siècle, les Mithridate ne possédaient plus sur la rive gauche du Halys que le ruban littoral et la vallée de l'Amnias ; tout le reste de la Paphlagonie intérieure, même Cimiata, berceau de la dynastie, leur avait échappé, et appartenait soit à des aventuriers galates, comme Gaizatorix, qui laissa son nom à une province , soit à un prince indigène , Morzios, résidant à Gangra, qui finit par réunir toute la Paphlagonie sous son sceptre.
En Phrygie, les circonstances étaient différentes. Là les populations s'offraient à qui voulait les prendre , mais les Séleucides n'étaient pas disposés à s'en dessaisir ; plus tard la Bithynie devint une concurrente redoutable. Au début, cependant, le Pont fit de ce côté des progrès rapides. A l'exemple des Nicomède, les Mithridate avaient pris de très bonne heure à leurs gages des bandes gauloises , qui leur rendirent des services signalés : déjà le Ctistès et son fils Ariobarzane, aidés par leurs Gaulois, jetèrent à la mer