‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 307 sur 417 · FIN DE MITHRIDATE · texte numérisé non relu

FIN DE MITHRIDATE

Vers la fin de Tannée 67 av. J.-C, un observateur, se réveillant par hasard d'un sommeil de sept ans, aurait pu croire que pendant cet intervalle rien n'avait changé dans l'Asie Mineure.

Mithridate avait reconquis son royaume; il régnait sur des campagnes dévastées et des villes en ruines, mais il régnait. Il employait ses loisirs à reconstituer son armée et à châtier, avec une sévérité inexorable, les communes ou les particuliers qui avaient trop tôt désespéré de sa cause : c'est ainsi qu'une de ses plus belles créations, la ville d'Eupatoria, magnifiquement située au cœur du royaume, au confluent de l'Iris et du Lycos, fut démolie pour la punir d'avoir ouvert sans combat ses portes à LucuUus (2). Cependant le proconsul de Cilicie, Q. Marcius Rex, restait immobile derrière le Taurus avec ses trois légions. Le consul Glabrion, successeur officiel de Lucullus, mais successeur sans argent et sans prestige , s'attardait prudemment en Bithynie et faisait la guerre à coups de proclamations. Enfin Lucullus, cantonné sur le moyen Halys , dans le pays des Trocmes , voyait fondre entre ses mains les restes de ses légions débandées. Ce fantôme de général continuait à distribuer des ombres de territoires, tandis que sous ses yeux les cavaliers arméniens ravageaient impunément la Cappadoce, que les coureurs pontiques poussaient des pointes jusqu'en Bithynie et y brûlaient des villages. Les publicains consternés faisaient retentir de leurs plaintes le marché de Rome, mais les gouverneurs menacés de révocation achetaient les gens influents pour être maintenus dans leurs

(1) Sources principales : Dion Cassius XXXVI, 42-54; XXXVII, 1-14; Appien, Mlth. 91-121 ; Plutarque, Luc. 36; Pojhj). 30-42; les abréviateurs de Tite-Live et les discours contemporains de Cicéron, particulièrement le Fro hge Manilia.

(2) Appien , Mith. 115. Cf. Strabon XII, 3, 30.

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