LE POXT ET LES SÉLEUCIDES
made et les Gaulois sédentaires ; après un demi-siècle d'une vie vagabonde, ils se iixèrent à demeure au centre de la péninsule anatolienne, dans un territoire assez ingrat, comprenant des morceaux de Phrygic, de Cappadoce et de Paphlagonie, qui leur fut cédé, moitié de gré, moitié de force, par les puissances voisines.
Désormais, entre la Cappadoce pontique et la Grande-Phrygie, objet des convoitises des Mithridate, la confédération galate se dressait comme une barrière, et les prétentions des rois de Pont sur cette province restaient condamnées à Tinanité tant qu'ils n'auraient pas réussi à convertir leur alliance avec les tétrarques galates en une suzeraineté véritable. Pour le moment il y fallait d'autant moins songer, que le prestige et l'autorité des Séleucides dans l'Asie Mineure furent rétablis pour quarante ans par Acliéos , cousin et général d'Antiochus le Grand : en travaillant pour luimême, Achéos avait, en réalité, travaillé pour Antiochus, comme jadis Datame pour Artaxerxès. Les Mithridate, arrêtés dans leurs projets d'expansion, furent trop heureux d'assurer leur existence et en quelque sorte leur légitimité en s'inféodant étroitement aux Séleucides , à l'exemple de leurs voisins de Cappadoce : le mariage des deux fdles de Mithridate II avec Achéos et Antiochus le Grand, en 220, lit entrer définitivement le Pont dans la clientèle du nouveau « Roi des rois (I) ».
En somme, le Pont avait très médiocrement réussi dans ses tentatives de conquête à l'intérieur de l'Asie Mineure : cent ans après l'hégire de Mithridate Ctistès, il en restait, de ce côté, à ses premières acquisitions, la vallée de l'Amnias et le bassin de l'Iris. Mais ses entreprises sur les villes grecques de la côte furent plus heureuses. Là aussi il eut affaire à forte partie : les villes avaient de solides murailles , de grandes ressources, un esprit civique qui garda longtemps toute son ancienne vigueur; en outre, leur indépendance trouva des protecteurs intéressés dans les Ptolémées d'abord (2), ensuite dans les Rhodiens, héritiers de la suprématie commerciale et du génie politique d'Athènes.
(1) Polybe V, 43 et 74; VlIIj 22. Le fils d'Antiochus est le Mithridate mentionné par Agatharchidès, fr. 11 (F. H. G. III, 194 6) et Tite-Live XXXIII,
(2) Rapports des Ptolémées avec Scydrothémis, tyran de Sinope, vers 290 : Tacite, /list. IV, 83-4 (cp. Plutarque, De Isid. et Osir, 28 ; De solertia animal. 3(), etc.). Tics, entre Héraclée et Amastris, porta quelque temps le nom de Bérénice. (Etienne de Byzance, B. v. IkpîvTxai.)