‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 320 sur 417 · DÉFAITE DES ALBANS ET DES IBÈRES · texte numérisé non relu

DÉFAITE DES ALBANS ET DES IBÈRES

L'escadre romaine, sous Famiral Servilius, croisait dans les eauxde la Colchide ; il ne semblait pas que Mithridate pût échapper. Tout à coup, le 17 décembre 6G, quarante mille Albans, à l'instigation, dit-on, du jeune Tigrane, alors dans les fers de Pompée, franchirent brusquement le Cyrus sous les ordres de leur roi Oroizès, et se jetèrent sur les quartiers de la rive droite où les troupes se préparaient à fêter les Saturnales. Les Romains étaient répartis en trois camps assez éloignés les uns des autres, sous le commandement respectif de Pompée et des deux légats L. Valérius Flaccus et Q. Métellus Céler, auprès duquel se trouvait Tigrane. Contre toute autre armée une surprise aussi bien combinée aurait réussi; mais la fougue indisciplinée des barbares se brisa contre la ferme bravoure des légions romaines, et les bandes d'Oroizès furent rejetées en désordre derrière le Cyrus. Une trêve fut accordée au roi vaincu. Rendu méfiant par cette alerte, le général romain ne se laissa pas tromper par les protestations d'amitié du roi des Ibères qui , secrètement d'accord avec Mithridate , méditait de son côté un guet-apens. Dès les premiers jours du printemps 65, avant que les Ibères eussent achevé leurs préparatifs, l'armée romaine se mit en marche par la vallée du haut Cyrus et occupa sans coup férir les défilés faciles à défendre qui conduisaient d'Arménie en Ibérie. Artocès, surpris par cette brusque agression, s'enfuit sur la rive gauche du Cyrus , brûlant derrière lui le pont , pendant que Pompée s'emparait de la fortesse d'Harmozica et de tout le pays situé sur la rive droite du fleuve. Le barbare négocia, envoya des vivres, rebâtit à ses frais le pont du Cyrus; puis, quand il vit les Romains de l'autre côté du fleuve , il recula jusqu'au Pélore, dernier fossé du royaume, fit front et livra bataille. Mais ses archers ne tinrent pas un instant devant le choc des légions, et les Ibères, après avoir subi des pertes considérables, se sauvèrent derrière le Pélore dont ils brûlèrent le pont. On était maintenant en plein été et la rivière, devenue guéable, n'arrêta pas les Romains ; alors seulement Artocès perdit courage , livra ses enfants pour otages, et subit les conditions du vainqueur (I).

(1) Dion Cassius XXXVI, 45; XXXVII, 1-3; Plutarque, Po»y?. 34. Le roi des Ibères est appelé Artôkès par les aixteurs grecs, Arthoces par Florus, Artacès par Orose et Eutrope; celui des Albans 'Opoiariç par Dion, 'Opoiî;?); par Appien, Orodes par Eutrope, Horodes par Orose. Florus , par une erreur évidente, distingue Orhozes, roi de Colchide et Iloroles, roi d'Albanie. — Les légats Métellus et Flaccus sont les deux futurs préteurs de l'an 63,

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