PRISE DES GAZOPHYLACIES DU PONT
sien (1), ne poussa pas plus avant; les chaleurs d'un été torride, la dysenterie causée par Tusage de Teau glacée des torents, les vipères et les scorpions qui infestaient les marécages du bas Cyrus arrêtèrent les Romains à trois journées de la Caspienne (2). Pompée revint prendre ses quartiers d'hiver dans la Petite-Arménie (3). Là, il s'occupa à réduire, ou fit réduire par ses lieutenants, les principales gazophylacies de Mithridate. La plupart firent une résistance obstinée et ne succombèrent qu'à la famine. Ainsi tombèrent Talaura avec son magnifique garde-meuble (4), le ChkiesiU-Neuî (Cainon) avec ses précieuses archives (5), bien d'autres forteresses encore, épargnées ou oubliées par Lucullus. Ces capitulations livrèrent au vainqueur des sommes considérables, qui furent versées au trésor de l'État. Plusieurs concubines de Mithridate tombèrent également entre les mains de Pompée et furent renvoyées dans leurs foyers. Sinoria, où Mithridate, on s'en souvient , avait laissé sa fille Drypétina , fut assiégée par le légat Manlius Priscus; quand la garnison se vit à bout de ressources, le commandant, l'eunuque Ménophile, poignarda la princesse et se tua sur son cadavre (6). La reine Stratonice défendit moins bien Symphorion. Furieuse d'avoir été abandonnée par Mithridate, elle éloigna une partie de la garnison sous prétexte de fourrage, ouvrit les portes aux Romains et leur livra les cachettes aux trésors, après avoir stipulé l'impunité pour elle et son fils Xipharès. Les Romains tinrent parole envers la reine et récompensèrent richement sa trahison; mais la malheureuse ignorait que Xipharès , alors au Bosphore , était tombé aux mains de Mithridate, et le roi vengea le crime de la mère en immolant le fils (7). La plupart des forteresses conquises furent aussitôt démantelées par les Romains; pour rendre à jamais inhabitables
(1) Varron chez Pline VI, 17, ô2.
(2) C'est donc à tort qu'Ammien Marcellin XXIII, 5, IG, fait atteindre à Pompée cette men
(3) 'Ev tri 'AoTTÎôt (Dion XXXVII, 7). Cette région est inconnue d'ailleurs (peut-être la Syspiritide?), mais la suite prouve que, si le texte n'est pas corrompu, il faut la chercher du côté de le Petite- Arménie.
(4) Appien, J/îï/i. 115.
(5) Plut., Pomp. 37 ; Strabon XII, 3, 31.
(6) Ammien Marcellin XVI, 7, 9-10. Manlius Priscus est peut-être nommé dans l'inscription d'Amasie publiée par Ramsay, Bull. corr. hell. VII, '28.
(7) Dion XXXVII, 7 (inachevé); Plut., Fomp. 36. Appien (Mltli. 107), dramatise niaisement l'épisode en faisant égorger Xipharès sur le Bosphore en présence de sa mère accourue sur l'autre rive !