PARTAGE DES ÉTATS PONTIQUES
ces nids d'aigles, repaires favoris des brigands, ils bouchèrent les puits en y roulant de gros blocs de rocher (1).
La conquête ainsi accomplie, ou peu s'en faut. Pompée tint à Amisos, au printemps de Fan 61, une véritable cour de rois. Il y distribua à ses aUiés des récompenses et régla provisoirement, sans tenir aucun compte des promesses de Lucullus , mais sous réserve de la ratification du Sénat, la condition politique de Tancien royaume de Pont et de ses annexes. Un certain Attale , descendant présumé des anciens Pyléménides, obtint la Paphlagonie intérieure, avec Gangra (2); un certain Aristarque eut la Colchide (3). Le tétrarque des Tolistoboïens, Déjotaros, fut récompensé de ses éminents services par la moitié de la Gazélonitide et le royaume de Petite-Arménie, avec les cantons des Chalybes et des Tibarènes, les villes de Pharnacie et de Trébizonde (4). Son gendre Brogitaros, tétrarque des Trocmes, obtint la forteresse de Mithradation (5). Enfin Archélaos, fils du vaincu de Chéronée, devint grand prêtre de Comana avec le rang de souverain et un territoire de 60 stades (6). Le reste du territoire pon tique fut divisé entre onze « cités » anciennes ou de création nouvelle, placées sous la surveillance administrative du futur gouverneur romain de Pont et Bithynie. Ces cités furent : 1° à l'ouest du Halys, Pompeiopolis, ville nouvelle fondée sur l'Amnias; 2"* entre le Halys et l'Iris, Néapolis (ci-devant Phazémon), Amasie, Zéla et Mégalopolis (Colupène et Camisène); 3"" dans le bassin du Lycos, Nicopolis, fondée sur l'emplacement de la victoire décisive de l'an 66, Diospolis (ci-devant Cabira) et Magnopolis (ci-devant Eupatoria) ; 4° enfin, le long de la côte, Amisos, Sinope et Amastris (7).
(1) Strabon XII, 3, 38.
(2) Appien, Mith. 114. Eutrope nomme deux princes : Attale et Pylémène.
(3) Appien, ibid.j Les monnaies de ce prince (Kœhî^e, Num. Chronicle, 1877, 1) portent la légende 'Api(7Tàpxou toO èul Ko),j(îûoç. Il ne reçut donc pas le titre de roi que lui donnent Eutrope et S. Rufus.
(4) Strabon XII, 3, 13.
(5) strabon XII , 6, 2 (les mss. ont BoyoScaiapo)). La Galatie fut alors divisée en trois tétrarchies correspondant aux anciens peuples. Le tétrarque des Tectosages fut Castor Tarcondarios , qui épousa également une fille de Déjotaros.
(T)) Strabon XII, 3, 34 ; Appien, Mith. 114.
(7) Pour la nomenclature et les limites territoriales des cités pontiques, voir Strabon XII, ^ passim. Le Halys limite des territoires de Sinope et d' Amisos : Arrien, Perip. 22. Héraclée ne redevint une cité qu'au temps de César; Memnon, 50-60. — Appien, 3Iith. 117, confirme que Pompée fonda (ou se vantait d'avoir fondé) 8 cités c( en Cappadoce », à savoir une dans la Cappadoce propre (Mazaca, ib. 115) et sept dans le Pont (Pompeiopolis, Néapolis, Magno-