CICÉRON, POSIDONIUS
en détail les campagnes de Pompée contre Mithridate, auxquelles il avait peut-être pris part. Varron possédait un savoir encyclopédique, et son attention s'était portée sur les résultats géographiques ei économiques de la conquête de l'Orient; c'était, en outre, un Pompéien décidé. Ces qualités ont dû le recommander à l'étude de Tite-Live.
10. Terminons cette énumération en signalant l'intérêt de premier ordre que présentent pour nôtre sujet les ouvrages de Cicéron (106-43). Gicéron n'est pas une autorité historique proprement dite, mais rien ne nous fait mieux connaître que sa chronique oratoire et épistolaire le milieu où se déroulèrent les événements et l'angle sous lequel on les voyait de Rome. Les Verrmes (70 av. J.-G.) soulèvent un coin du voile qui cachait au public de la capitale l'exploitation des provinces. Le discours pour la loi Manilia (66) est un véritable « document parlementaire »; pour justifier les pouvoirs extraordinaires que l'orateur réclame en faveur de Pompée , il est obligé d'avouer implicitement l'échec final de Lucullus. Le discours contre la loi agraire de Rullus (63), prononcé à la veille du suicide de Mithridate, prouve combien la conquête du Pont paraissait mal assurée aux bons esprits, tant que Mithridate courait encore. A la fin de cette même année, Gicéron, plaidant pour Muréna, l'ancien légat de Lucullus, rétablit, contre les railleries de Gaton, le véritable caractère, la juste importance des guerres mithridatiques et rend hommage au grand adversaire de Rome. Lucullus occupe une place d'honneur dans le Pro Archia (62), comme dans le S'' livre des Académiques (45) ; le discours Pro Flacco (59) , charge à fond contre les Asiatiques, dépeint avec vérité l'explosion d'enthousiasme dont ils saluèrent en 88 l'invasion de Mithridate. N'oublions pas enfln le Pro Sestio (56) où retentit un écho de l'humiliation de Tigrane, et les renseignements qu'on peut glaner sur l'état où se trouvaient les provinces asiatiques, peu d'années après la chute de Mithridate, dans la l""^ lettre à Quintus (60) et dans la correspondance de Gilicie (51/50).
Grecs.
H. Posidonius (1), d'Apamée en Syrie, mais établi à Rhodes, philosophe stoïcien, professeur et polygraphe (environ 135-51 av. J.-G.). Son principal ouvrage historique était une continuation de Polybe (tcrropia t) {x6Tà QoXuêtov) en 52 livres, dont il ne reste que des fragments. La narration commençait avec l'année 146 av. J.-G. Le point final est ainsi indiqué par Suidas (s. V. IloaeiSfovio;) : l'cx; xou iroXsaou tou Kopyivaïxou xat IIto-
X£ixaiou. Ge texte semble altéré , mais la « guerre de Gyrène » est sans
(l) Témoignages et fragments chez C. Muller, Frag. histor. graec, III, 2-15 suiv.