‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 346 sur 417 · ARCHIAS · texte numérisé non relu

ARCHIAS

doute la guerre intestine, allumée parles Juifs, qui désola la Gyrénaïque en 87 av. J.-C. et fut apaisée par Lucullus au commencement de 86 (1). Les derniers fragments conservés sont en effet relatifs à des événements des années 88 (tyrannie d'Athénion, fr. 41, Millier), 87 (déportation des Ghiotes, fr. 39) et 86 (mort de Marius, fr. 40). D'ailleurs, le livre 49, le dernier qui soit cité expressément (fr. 38), raconte un événement de l'année 92, l'exil de Rutilius. En continuant dans la même proportion, ce n'était pas trop de 3 livres pour exposer la guerre sociale ét la première guerre Mithridatique jusqu'à la mort de Marius. Si Posidonius n'a pas poussé son récit jusqu'au traité de Dardanos, c'est probablement qu'il en a été empêché par d'autres engagements littéraires , ou peut-être pour que son Histoire embrassât un nombre rond d'années (soixante). En tout cas, on ne saurait admettre que l'histoire des campagnes de Pompée, qu'avait également écrite Posidonius (Strabon XI, 1,6), fit partie de son grand ouvrage : c'était une composition séparée, entreprise sans doute à la demande de Pompée, qui avait, comme Cicéron, prodigué les coquetteries au célèbre philosophe (2).

Posidonius était un savant universel. Il avait beaucoup voyagé, il connaissait la politique, l'art militaire; c'était, en outre, un polémiste redoutable et un écrivain brillant que n'effrayaient ni la rhétorique ni l'hyperbole (Strabon III, 2,9). L'important fragment sur Athénion (Aristion) , tyran d'Athènes , que nous a conservé Athénée , peut donner une idée de sa manière et en même temps de sa partialité manifeste pour les Romains. Vivant à Rhodes, au centre des informations, Posidonius était en mesure, mieux que personne, d'embrasser d'un coup d'œil toute l'histoire de Mithridate. Au début de la guerre, il fut envoyé en ambassade à Rome où il se trouvait au moment de la mort de Marius (fr. 40) : il ne doit donc pas avoir assisté au siège de sa ville natale, mais on peut être certain qu'il l'avait néanmoins raconté en détail. La perte de son ouvrage doit nous inspirer les plus vifs regrets ; en particulier, elle crée une lacune irrémédiable dans notre connaissance des trente premières années du règne de Mithridate. Les auteurs grecs qui traitèrent plus tard ce sujet, notamment Strabon et Nicolas de Damas, avaient pris Posidonius pour guide, mais les copies ont péri en même temps que l'original. Quant à V Histoire de Pompée, qui transparaît peut-être en deuxième dilution à travers le récit d'Appien, on peut se consoler de sa perte : c'était une œuvre de vieillesse et de complaisance qui ne jouissait pas de la même autorité que la grande Histoire et qui, chose significative, n'est jamais citée.

(1) Josèphe, Ant.jud. XIV, 7,2 = Strabon, fr. 6 Miiller. Cf. Plutarque, Lucullus, 2. — Millier pense à tort qu'il s'agit du testament d'Apion (96 av. J.-C.) et coi-rige ainsi le texte : etoç Tou nTo),£|xaiou tou KuprivaïxoO.

(2) Cicéron, Tusc. II, 25 ; Pline VII, 31 ; Plut. Pomp. 42 ; Strabon, loc. cit., etc.

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