‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 353 sur 417 · MÉTHODE DE TITE-LIVE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE TITE-LIVE

des periochœ (1). 11 faut lui être reconnaissant des détails nouveaux que nous lui devons sur les campagnes de Fimbria, de Lucullus, de Pompée, mais quelle inintelligence dans le choix des détails! Orose trouve place pour une longue digression sur les volcans d'inarimé, mais il omet la guerre de Muréna, la bataille de TArsanias, la reconquête du Pont par Mithridate en 67. L'ignorance géographique n'est pas moins choquante chez un auteur qui se pique de géopraphie : Nicopolis , par exemple, est placée aux sources communes de l'Euphrate et de l'Araxe! Je ne parle même pas de l'homélie ennuyeuse qui sert de commentaire à la parole de Mithridate mourant (chez Tite-Live) : Di patrii, siestisf... De pareils hors-d'œuvre n'en sont que pour nous; pour Orose, ils faisaient partie intégrante du plan de son Histoire, on peut même dire qu'ils en étaient le principal objet.

Tels sont les documents d'après lesquels nous pouvons reconstituer dans ses grandes lignes le tableau que Tite-Live avait tracé des guerres mithridatiques. Quant aux sources dont il s'était servi, on ne peut les indiquer que par conjecture et d'après l'analogie des autres parties de son ouvrage. Tite-Live avait surtout voulu couronner, en l'absorbant, l'œuvre des anciens annalistes, particulièrement des auteurs du dernier siècle de la république, tels que Quadrigarius et Valerius Antias, qu'il cite constamment. C'est à ces annalistes qu'il aura pris la trame de son récit, au moins pour l'époque de Sylla : Orose cite Quadrigarius, évidemment à travers Tite-Live , pour un événement de l'an 82 (Orose V, 20,6 = fr. 84 Peter). Parmi les historiens proprement dits, Tite-Live aura consulté Sylla, Rutilius, qu'il cite ailleurs, Siscnna, Népos, Varron (pour les campagnes de Pompée) et Salluste, dont il ne goûtait ni le style (2), ni les opinions politiques (3), mais qui s'imposait pour le récit des campagnes de Lucullus. En fait d'auteurs grecs, Tite-Live s'est probablement contenté de Posidonius (4), en sa qualité de continuateur de Polybe, d'Archias, qui lui fournissait des embellissements et des prodiges, et de Théophane, que recommandait le nom de Pompée.

Tite-Live est un historien tout en façade; il manque souvent d'exactitude et de précision, presque toujours de critique (5); il abuse aussi

(1) G. MOERNER, De Orosii vita, etc., Berlin, 1844.

(2) Sénèque le rhéteur, Controv. IX, 1, 14 (p. 399 Kiessling) : T, Livius tam iniqum Saîhiistio fait...

(3) Salluste avait médit de Pompée (Suétone, De gramm. 15), pour lequel Tite-Live professait de vives sympathies (Tacite, Ann. IV, 34).

(4) On verra plus loin qu'Appien a suivi Tite-Live pour la première guerre ; dès lors on peut supposer qu'il avait emprunté à Tite-Live et celui-ci à Posidonius (fr. 41) sa violente sortie contre les Pythagoriciens, à propos du tyran Aristion (Appien, Mith. 28).

(5) Tite-Live s'est probablement trompé en plaçant en Paphlagonie un roi Pylémène à la date de 88 (Eutrope) ; il s'est trompé" sur l'âge de Mithridate, sur la durée de son règne, et même sur les circonstances de sa mort; il s'est tro:npé, sans doute volontairement, en

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