VELLEIUS PATERCULUS
le titre ^'Historiée Philippicx une histoire universelle (Rome exceptée) en 44 livres, que l'on peut considérer comme le pendant et le complément des Annales liviennes. Mithridate avait sa place dans cette grande composition. Le livre 37 résumait l'histoire des premiers rois de Pont, la jeunesse et les premières conquêtes d'Eupator, avec une digression sur les origines des royaumes conquis (Bosphore, Colchide, J*aphlagonie). Le livre 38 racontait les guerres de Gappadoce et le début de la première guerre contre Rome jusqu'à l'occupation de la Bithynie et de l'Asie romaine. L'histoire de Tigrane était esquissée au livre 42. Le plan de l'auteur excluait le récit proprement dit des guerres mithridatiques : on doit le regretter, car Trogue Pompée, dont l'oncle avait exercé un commandement dans la cavalerie de Pompée pendant la campagne de Pont (Justin XLIII, 3,11), devait avoir recueilli sur ce sujet des traditions de famille intéressantes. Il ne reste de l'ouvrage de Trogue Pompée que les sommaires ou Prologues et l'abrégé, phraseur et supcrflcicl, de Justin (1). Le résumé des livres 37 et 38 est peut-être une des moins mauvaises parties de cet abrégé; en particulier, Justin nous a conservé en entier un grand discours en style indirect adressé par Mithridate à ses troupes au moment d'envahir l'Asie Mineure. Ce résumé renferme à côté d'erreurs de noms et de dates , dont la plupart paraissent imputables à Justin (2), bon nombre de faits que nous ne connaîtrions pas autrement. Gomme Trogue Pompée avait travaillé d'après des auteurs grecs, on peut supposer — mais ce n'est qu'une simple conjecture, — que ses sources pour l'histoire de Mithridate étaient Posidonius et Timagène (3).
20. Le dernier historien à mentionner dans cette période est Velleius Paterculus (4) (sous Tibère). Le livre II de son abrégé d'Histoire romaine, publié vers 30 ap. J.-G., donne une esquisse sans prétention des guerres contre Mithridate (c. 18, 23-24, Sylla; c. 33, Lucullus; c. 37, 40, Pompée). Les caractères sont vigoureusement tracés, mais il y a des inutilités dans un récit si court (justification des Athéniens, bavardage de Tigrane, etc.), et des erreurs assez graves : les ambassadeurs parthes
(1) J'ai cité d'après l'édition E,uehl (Teubner, 1886); les prologues y sont publiés par A. de GuTSCHMiD.
(•2) Erreur sur le nom de la veuve d'Ariarathe Philopator (XXXVII, l) et probablement «ur la parenté de Pharnace et d'Eupator (XXXVIII, (!) ; chiffre invraisemblable de 600 chars à faux dans l'armée de Mithridate en 99 (XXXVIII, 1) ; omission de la campagne de Sylla en Gappadoce (ib. 3) ; date invraisemblable d'une ambassade de Mithridate aux Cimbres (ib.), etc.
(3) Trogue Pompée avait sans doute utilisé le livre i)c.s- liais de Timagène (Justin XXXII, 8 z=z Timagène fr. 9 Miiller), mais il y a loin de là à l'opinion de Gutsohmid que tout son ouvrage était un simple extrait de Timagène {Lit. CentralbJntt , 1872, p. 659). Les ouvrages de celui-ci étaient si connus et si estimés à Rome qu'on n'aurait pas manqué de crier au voleur.
(4) Ed. Halm (Teubner, 187G).