TUBA
enfance, connu son arrière-grand-oncle Stratarque, un contemporain de Mithridate — pour en savoir plus long sur « la grande époque » que les érudits de Rome ou d'Alexandrie.
Les Commentaires de Strabon (1) (uTrotAvrjtxaTa laxopixa en 47 livres, dont 43 faisaient suite à Polybe, rà |x£toc EloXuêiov), commençaient, comme l'ouvrage de Posidonius, à entrer dans le détail avec l'année 146 et descendaient au moins jusqu'à l'an 38 av. J.-C, embrassant ainsi toute l'histoire de Mithridate, à laquelle se rapportent les fragments 5 à 8. Strabon faisait aussi, probablement à l'occasion de l'avènement d'Eupalor, une digression sur les origines du royaume de Pont, où il était question du songe d'Antigone et de l'hégire de Mithridate Gtistès (fr. 4 Miiller). La perte de cet ouvrage est la plus regrettable de toutes celles qu'ait subies la littérature historique relative à Mithridate; car, outre ses souvenirs de famille et les traditions locales, Strabon avait dû utiliser avec son discernement habituel les nombreux historiens qu'il réunit sous le titre de o\ xà MiOpiSanxà ffuyypa^avTeç (XI, 2,4), entre autres, pour ne citer que les noms mentionnés dans la Géographie, Métrodore de Scepsis, ApoUonidès, Hypsicrate, Posidonius, Théophane, peut-être aussi Timagène, Tanusius et Denys de Pergame. Le succès relativement médiocre de cette Histoire, qui n'est guère citée que par Josèphe et Plutarque, s'explique peut-être par une certaine sécheresse de style qui ne lui permettait pas de rivaliser pour les parties anciennes avec le brillant Posidonius, pour les parties modernes avec le coulant Nicolas de Damas.
La conservation de la Géographie de Strabon nous console jusqu'à un certain point du naufrage de son Histoire. On y trouve une description particulièrement détaillée et vivante des anciens États de Mithridate (Pont, Golchide, Grimée) et des contrées limitrophes de l'Europe et de l'Asie Mineure; nombre de faits historiques relatifs à cette époque sont également disséminés dans toutes les parties de l'ouvrage, à propos des localités qui en furent le théâtre. Ges brèves allusions n'étaient, dans la pensée de l'auteur, qu'un simple agrément, une sorte d'illustration, propre à interrompre la monotonie de la nomenclature géographique; il se défend expressément (XI, 9, 3) de vouloir répéter ce qu'il a déjà dit dans son Histoire. Mais pour nous, qui avons perdu les Gommentaires et tous les grands ouvrages analogues, ces digressions sont une mine de renseignements utiles, qu'on chercherait vainement ailleurs, en particulier pour la période du règne de Mithridate antérieure à son conflit avec les Rorçains.
25. Un contemporain de Strabon, le roi Juba de Mauritanie (environ 50 av. — 23 ap. J.-G.) laissa, entre autres ouvrages, une Histoire romaine^ probablement en 2 livres, qui descendait jusqu'aux guerres civiles.
(l) Fragments chez Mflleh, TII, 490 sq.