‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 358 sur 417 · PLUTARQUE · texte numérisé non relu

PLUTARQUE

Quoique abrégé, ce travail faisait autorité, l'auteur passant pour fort érudit (Plutarque , César, 55 : toTç 7roXou.a6£(TTaToi(; lvapi6aov auyYP^'f^'^'O- Un détail conservé par Plutarque — le nom du tribun qui occupa la ville de Ghéronée la veille de la bataille — est le seul fragment relatif aux guerres mithridatiques qui ait surnagé (1).

d) Siècle des Antonins.

Au deuxième siècle de l'empire l'historiographie romaine ne produit plus rien d'important sur la période des guerres de la République; les abrégés de Florus et de Justin ont déjà été mentionnés à propos de Tite-Live et de Trogue Pompée. Dans la littérature grecque, au contraire, on assiste à un véritable renouveau des études historiques; sans parler d'ouvrages aujourd'hui perdus comme V Histoire bithijnienne d'Arrien, en 8 livres (2}, et les Olympiades de Phlégon de Traites (3), c'est à cette période qu'appartiennent les quatre auteurs auxquels nous devons le plus clair de notre savoir sur Mithridate et son temps : Plutarque, Appien, Dion Cassius et Memnon.

26. Plutarque de Ghéronée (environ 46-120 ap. J.-G.) n'a malheureusement pas écrit de biographie de Mithridate, mais il a raconté la plus grande partie de ses guerres contre les Romains dans les Yies de Sylla (ch. 5, ch. 11-26), de Lucullus (ch. 2-37) et de Pompée (ch. 30-42); on trouve aussi à glaner quelques renseignements dans les Vies de Marius et de Sertorius et dans divers passages des OEuvres morales.

Plutarque avait appris le latin sur le tard (o-^i ttote xat Ttoppoj t?!? f,Xixi'«ç, Démosth. 2), et il ne le posséda jamais à fond. A Ghéronée, où il rédigea ses Vies Parallèles ^ il ne devait pas avoir beaucoup de livres latins; il ne faut donc pas s'étonner si dans ses biographies romaines il ne s'est pas livré à un travail de comparaison et de recherches aussi approfondi que pour les grecques : en général, dans chaque Vie, il s'est confié à un guide unique — ou, si cela n'était pas possible, à plusieurs guides successifs, — sauf à compléter ou à rectifier dans certains cas ses indica-

(1) MuLLER, III, 4(59 suiv.

(2) MuLLER, m, 690 sq.

(3) L'Olympiade 177, où se passèrent une partie des campagnes de Lucullus, a été conservée par Photius; voir Muller, III, 606. On voit par cet extrait que les années de Phlégon, contrairement à celles d'autres historiens contemporains, sont de véritables années olympiques, à cheval sur deux années juliennes. C'est ainsi que le début de la guerre de Métellus en Crète (68 av. J.-C.) est placé dans la 4^ année de l'Olympiade (juillet 69-68). La grande bataille mentionnée par Phlégon sous cette année n'est pas celle de Tigranocerte (octobre 69), mais celle de l'Arsanias (été 68), à cause des troupes rangées t6v 'iTaXixov..

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